Mon petit doigt m'a dit

Film français de Pascal Thomas

Avec Catherine Frot, André Dussolier, Pierre Lescure





Par Hortense Dakhsoun
 
Sortie le 13-04-2005

Durée: 1h50

 

Baguenaude policière dans un monde improbable

Après quelques décennies  de  de fantaisies  polissonnes, Pascal Thomas semble s'assagir.  Prendrait-il de la bouteille ?  Il a simplement retrouvé un amour  de jeunesse.  Elle s'appelle Agatha Christie.

Pas évident pourtant d'adapter à l'écran la romancière du siècle dernier. Ces histoires d'anglaises qui travaillent du chapeau ont pris un sacré plomb  dans l'aile. Mais le réalisateur a  eu la bonne idée de déplacer l'action en Savoie, et la majesté du cadre  lui confère  en outre une forme de patine. L'ouverture donne le ton :  un couple idéal s'ébroue dans un décor de rêve,  et le charme  opère immédiatement.  Mais  ensuite ça se complique :  il faut bien avouer que  l'intrigue –une femme et son mari, colonel ex- agent secret, se lancent à la poursuite d'une bande plus ou moins organisée d'assassins de vieilles dames- est non moins  farfelue  qu'absconse. Qu'importe… les scénaristes  ont  épicé la trame pseudo-policière  en truffant les dialogues de répliques  piquantes. Très écrit, le script est servi  par les deux acteurs épatants,  C. Frot et A.Dussolier,  dont le jeu est  contenu (on craignait un concours de cabotinage, mais non).  Suivant    la  ligne sinueuse qui relie   le  genre  angoissant et    le semi-fantastique, le film  ne ressemble à rien de familier, même si l'on se retrouve parfois en terrain connu au détour d'une variation hédoniste  (telle que : «  rien de pire que les amours non consommées » ou bien : « un homme qui aime autant le vin ne peut être mauvais ») : la « dilettante » n'est jamais loin. On regrettera peut-être la surcharge d' « acteurs-qu'on-ne-voit-hélas-pas-assez-souvent », défilé  qui parasite le film en produisant un  petit effet  Musée Grévin mal venu.

On appréciera  le petit charme suranné,  ce curieux  mélange de  badinerie   et d'ironie désinvolte qui constitue la  part la plus attachante des comédies du réalisateur.