Omagh

Film irlandais de Pete Travis

Avec Stuart Graham, Peter Balance, Gerard McSorley, Michèle Forbes





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 23-03-2005

Durée: 1h46

 

Bloody Saturday

La Real I.R.A., faction dure de l’I.R.A, était opposée aux négociations qui risquaient d’aboutir entre l’Angleterre et l’Irlande du Nord. Le samedi 15 août 1998, elle faisait exploser une voiture piégée dans la ville d’Omagh, en Irlande du Nord, tuant 29 personnes et faisant plus de 250 blessés. Auparavant, les membres de la Real I.R.A avaient averti la télévision et la Police, précisant que la voiture était garée devant le Palais de Justice. Le quartier avait été immédiatement évacué en canalisant la foule des passants vers Marker Street où se trouvait, en réalité, le véhicule qui allait sauter, d’où l’étendue du massacre.

Ce premier film de Pete Travis, venu de la télévision et produit par Paul Greengrass - à qui l’on doit déjà Bloody Sunday qui avait aussi pour cadre le conflit irlandais -, décrit essentiellement le long combat juridique des familles pour obtenir justice face à l’étrange réticence des gouvernements irlandais et anglais à mener une enquête rapide et efficace afin de juger les suspects dont les noms étaient connus avant même l’attentat. Je me permettrai un seul reproche sur la forme de ce film qui se veut réaliste et documentaire : les prises de vue à la main (simulant un reportage sur le vif) deviennent vite fatigantes et cette caméra tremblotante, qui ne se fait jamais oublier, ne favorise guère l’immersion dans le récit.

Quant au fond, comment ne pas être sensible aux drames qu’une pareille boucherie provoque chez les survivants et ne pas partager leur colère devant l’inertie et les mensonges des autorités? Je reconnais manquer de points de repères sur l’inextricable et interminable conflit qui divise Irlandais, Anglais, Catholiques et Protestants dans cette île verdoyante. Mais pourquoi tout ce sang versé? Ma seule certitude c’est que les Croisades, les Conquistadores, la Saint-Barthélemy, les pogroms, l’Irlande et le conflit israélo-palestinien confirment que l’adoption du monothéisme n’a constitué ni un progrès, ni un facteur d’unité pour l’humanité. Les peuples païens de l’Antiquité, au moins, partageaient les mêmes divinités sous des formes et des noms variés. L’imbécile certitude d’adorer LE SEUL vrai Dieu a été rarement la cause de leurs conflits.