Ray
Ray

Film américain de Taylor Hackford

Avec Jamie Foxx, Kerry Washington


Oscar 2005 du meilleur acteur à Jamie Foxx


Par Esther Castagné
 
Sortie le 23-02-2005

Durée: 2h32

 

Ray Charles on our minds

C'était risqué de se lancer dans une biographie filmée d'un homme qui a l'heure du début du tournage n'était pas encore mort… Mais peut-être aurait-il été préférable qu'il ne meure pas avant la fin, ça nous aurait évité ces larmoiements inutiles qui viennent gâcher la fin du film et notre plaisir.

Ceci dit, le film de Taylor Hackford qui retrace la vie de Ray Charles depuis son enfance misérable dans les bidonvilles de Georgia à sa mort en passant par les chemins tortueux qui l'ont mené à la gloire mais aussi à la drogue. Jusqu'aux toutes dernières minutes, le réalisateur réussit à brosser un portrait relativement neutre et objectif du genius aveugle et fragile. Le film reflète une sensibilité artistique véritable et une grande admiration pour le musicien en dépit de ses frasques, qui ne lui réservent pas le beau rôle. Mais c'est avant tout à l'acteur Jamie Foxx qu'il faut remettre une palme (on lui a d'ailleurs remis l'Oscar du meilleur acteur la semaine dernière pour son interprétation exceptionnelle !) : il réussit à s'approprier totalement la personnalité et la gestuelle du jazzman. Ce mimétisme frappant ne fait que renforcer l'impression de déjà vu que l'on a à certains moments du film et permet de crédibiliser l'intrigue qui, bien que retraçant une histoire vraie, est, par la force des choses (et en l'occurrence du scénario), légèrement romancée. Un autre point positif du film est l'emploi de la musique et le choix des morceaux représentés ou du moins entendus et conservés au montage. Pas trop nombreux mais en même temps très présents, ils s'intègrent parfaitement à la bande-son. Enfin, les flash-backs, tout de même légèrement mièvres et prêchi-prêcha et notamment les maximes sentencieuses de la mère, permettent de passer rapidement sur l'enfance du musicien sans pour autant l'oublier. Les teintes passées de ces séquences les distinguent habilement du reste de l'intrigue et traduisent l'étrange sensation que doit éprouver un aveugle lorsqu'il se remémore ce qu'il a vu. Ceci explique la violence de la lumière qu'elle soit purement fantasmée ou le fruit des hallucinations d'un drogué ou bien qu'elle soit un simple souvenir, bien réel.