Sideways

Film américain de Alexander Payne

Avec Paul Giamatti, Thomas Haden Church, Virginia Madsen, Sandra Oh


Meilleur film et meilleur scénario - Golden Globes 2005


Par Henri Lanoë
 
Sortie le 09-02-2005

Durée: 2h04

 

La road des vins

Alexander Payne, auquel on doit le très intéressant Mr Schmidt, nous emmène visiter la Californie vinicole avec deux quadras aussi dissemblables que le sont les héros antagonistes des comédies de Francis Veber : Miles, divorcé inconsolable et écrivain raté, accompagne son copain Jack, médiocre acteur de téléfilms qui doit se marier à la fin de la semaine, dans une virée oenologique à travers les vignobles de Santa Barbara. Mais Jack ne peut concevoir d’enterrer sa vie de garçon sans draguer une dernière fois et « conclure », ce qui scandalise Miles qui ne se remet pas de son divorce. Cette sympathique comédie, complément indispensable de Mondovino, prouve que certains Américains sont désormais capables de lâcher le Coca et d’analyser finement les vertus comparées du Pinot noir et du Cabernet.

Un des attraits du film vient pour beaucoup de la distribution qui fait appel à des acteurs peu connus de nous, dotés de physiques communs qui accréditent la vraisemblance des situations et dépeignent une Amérique profonde, ce qui était déjà le cas dans Mr Schmidt. Ces personnages boivent « pour oublier » qu’ils ont quarante ans, qu’ils ont fait la moitié du chemin, que leur vie professionnelle et sentimentale n’est pas une réussite et que l’avenir n’est guère encourageant. Que faire du temps qui vous reste ? Dans leur virée, ils rencontrent deux jeunes femmes : Jack s’entiche de Stéphanie, la serveuse, et envisage sérieusement d’annuler son proche mariage, tandis que Miles n’arrive même pas à établir une relation sereine avec Maya, la sommelière. Un "plus" non négligeable : ce road-movie doux-amer nous fait découvrir de magnifiques paysages californiens, proches des collines bourguignonnes, ce qui nous change agréablement des rues de Los Angeles où résonnent les sirènes de police. J’espère seulement qu’il ne faut pas avoir atteint la quarantaine pour pouvoir apprécier les qualités de cette tristounette et tendre comédie.