Massaï

Film français de Pascal Plisson

Avec Ngotiek Ole Mako, Paul Nteri, Ole Sekenam





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 22-12-2004

Durée: 1h33

 

Sécheresse digitale

Devant la sécheresse qui met en péril leur existence, un groupe de jeunes guerriers massaï part à la recherche d’un lion mythique afin de le tuer pour que la pluie revienne.

Le plus grand intérêt de ce film est d’ordre technique. Parti pour réaliser son film dans des savanes brûlées par le soleil, Pascal Plisson s’est retrouvé piégé par des pluies tardives qui avaient transformé le pays en Normandie printanière. Devant les dépenses déjà engagées, il a tourné quand même et, grâce à l’étalonnage numérique, il a transformé ces plaines verdoyantes en hectares d’herbe sèche et jaunie.

Mais l’informatique ne sauve pas tout. Ce qui aurait pu constituer un honnête court-métrage se traîne durant une heure et demie avec des plans répétitifs dans un récit monotone. La beauté des guerriers massaï (cf .Leni Riefenstahl) est insuffisante pour compenser la maigreur d’un scénario qui ne tient pas la piste sur une aussi longue distance. Et au bout du périple, la chasse au lion, escamotée par un bref montage en trompe-l’½il (par manque de plans ?), rappelle les combats de Tarzan contre des descentes de lit et frustre le spectateur patient du spectacle escompté. Ces guerriers extrêmement bavards parlent massaï entre eux, ce qui est bien (et même normal), mais alors pourquoi noyer leur expédition dans cette musique pompeuse et pseudo-hollywoodienne ? Le souffle du vent, les bruits d’insectes et les chants massaï n’auraient-ils pas suffi ? Les difficultés rencontrées et surmontées rendent cet ambitieux projet estimable, mais l’esthétisme recherché dans tous les domaines finit, paradoxalement, par se retourner contre l’effet désiré.

En 1965, Jean Rouch réalisait La Chasse au lion à l’arc en 16mm et son mono, sans le secours du numérique. Allez le voir lorsqu’il passera à la Cinémathèque. Il est intéressant de comparer les deux films.