Les Petits Fils

Film français de Ilan Duran Cohen

Avec Reine Ferrato, Guillaume Quatravaux





Par Paola Villar
 
Sortie le 17-11-2004

Durée: 1h30

 

Mémé-réalité

Guillaume, 24 ans, étudiant à Angoulême, se rend régulièrement à Paris pour rendre visite à sa grand-mère, Régine. La mère de Guillaume est décédée deux ans auparavant. Son urne orne le balcon de Régine, qui voit en elle une confidente nocturne discrète et attentive. Le dernier souhait de la défunte était que l’on jette ses cendres sur les landes d’Ecosse. Mais son fils ne peut se résoudre à accomplir ce douloureux voyage d’adieu.

Mamie compréhensive et douce, dont les rides et le sourire triste nous racontent sa vie pas toujours facile, Régine souhaite recréer un cocon confortable et tranquille où Guillaume puisse retrouver son enfance et le bonheur d’antan. Fils et petit-fils beaucoup trop gâté, Guillaume est perdu tant sur le plan relationnel qu’affectif et abuse de l’amour inconditionnel de sa grand-mère. Malgré tout, celle-ci lui est  indispensable.
Spectateurs, détrompez-vous : bien que tourné en DV, ce film vacillant entre documentaire et fiction ne recèle pas la moindre parcelle de vacuité                     «staracadémique». Bien loin du voyeurisme, Les Petits Fils est une ½uvre  intimiste d’un genre particulier mais humainement vraie.
Le deuil n’est qu’un prétexte  afin de dépeindre les relations grand-mère-petit fils avec humour, justesse, et  réalisme. La recette  de l’alchimie parfaite entre Reine Ferrato et Guillaume Quatravaux est leur intimité : cette vraie grand-mère avec son vrai petit-fils imprègnent leurs personnages fictifs de sincérité. On se régale grâce aux dialogues de ce couple hors du commun, dits avec un naturel surprenant (seraient-ils improvisés ?) et leurs situations chargées d’authenticité : on se reconnaît facilement dans cette relation qui rappelle à certains moments celle de Livre de ma mère de Cohen.
La performance des acteurs est plus que remarquable, ce qui est d’autant plus louable qu'ils sont tous amateurs. Reine Ferrato nous offre généreusement, sa force et sa sagesse, et Quatravaux interprète avec brio le jeune adulte mal dans sa peau.

Voila un film brutal et expérimental, qui garde toute sa séduction si l’on se laisse prendre par son originalité.