Maria pleine de grâce
Maria, Ilena eres de gracia

Film américain de Joshua Marston

Avec Catalina Sandino Moreno, Yenny Paola Vega, Wilson Guerrero


Berlin 2004- Meilleure actrice/Meilleur Premier film Sundance 2004 - Prix du public Deauville 2004 - Grand pix


Par Simon Legré
 
Sortie le 08-12-2004

Durée: 1h41

 

La vierge des dealers

Uppercut en sourdine, Maria pleine de grâce côtoie les rives d'une effrayante réalité. Des personnes du Tiers-Monde se voient contraintes de devenir «mules» en ingérant des narcotiques en sachet pour le compte de trafiquants qui touchent la marchandise une fois le passeur arrivé à destination.

Le film se focalise sur Maria, jolie colombienne qui en a dans l'estomac et qui va larguer les avanies professionnelles endurées dans son patelin désespérant pour tenter cet arrachement. L'atout majeur de ce premier film sans prétention, c'est la concision de son scénario qui évite avec intelligence le misérabilisme de comptoir auquel il se risquait. Habile, il flirte un temps avec un réalisme rustique - celui de la première partie - dont il se départit au profit d'un redoutable suspense douanier : lorsque Maria arrive à l'aéroport de New York, le ventre plein à craquer (en plus, elle est enceinte). C'est peu de dire que le film marche sur les brisées de Midnight Express... Mais Maria pleine de grâce, c'est avant tout un portrait de femme taillé à la serpe : cette jeune fille opiniâtre et rageuse qui avance vers le bout du tunnel emporte l'adhésion (Catalina Sandino Moreno, la comédienne qui lui donne vie, est une lumineuse apparition). Elle n'est que l'une des vertus de ce film humaniste qui se drape dans la pudeur pour transmettre l'empathie qu'un tel sujet requérait.