Saltimbank

Film français de Jean-Claude Biette

Avec Jeanne Balibar , Jean-Marc Barre, Jean-Christoffe Bouvet





Par Laurence Bonnecarrère
 
Sortie le 10-09-2003

Durée: 1h32

 

Comédiens à la peine

Saltimbank est censé être une " comédie " : c’est du moins ce que l’on peut lire dans le dossier de presse. Encore faudrait-il s’entendre sur le sens du mot " comédie ".Si le propos est de " divertir, faire rire, ou seulement sourire, en montrant les travers ou les ridicules de personnages emblématiques d’une époque et d’un milieu  social ", c’est pour le moins raté…

Jean-Claude Biette, éminent cinéaste et critique (ancien des Cahiers, co-fondateur de la revue Trafic avec Serge Daney) a probablement voulu réaliser, avec Saltimbank, un portrait de groupe mélancolique et léger, dans la veine de ces films " choral " abondants depuis une dizaine d’année (Desplechin, Jaoui etc..). Le film évoque les démêlés financiers et sentimentaux d’une petite troupe de comédiens qui tentent de monter une pièce de théâtre, " Esther ", sous la direction de Bruno, un fils de famille à la remorque de son jeune frère Saltim -celui-ci en effet détient les cordons de la bourse familiale. Le scénario est alambiqué, la mise en scène poussive et l’histoire embrouillée, les acteurs jouent faux et les personnages secondaires sont inconsistants. Si vous aimez Jeanne Balibar, inutile de vous déplacer pour autant. Elle est égale à elle-même : lascive, charmante, maniérée -bref exaspérante, en tout cas pour le commun des mortels. Tout le ressort dramatique du film tient à ce suspense insoutenable : sera-t-elle Esther ? Elle accepte enfin et nous gratifie de quatre alexandrins sur lesquels le film s’achève. Insuffisante compensation.