Reconstruction

Film danois de Christoffer Boe

Avec Nicolaj Lie Kaas, Maria Bonnevie


En compétition à la Semaine Internationale de la Critique au festival de Cannes 2003.Prix de la Caméra d'Or au festival de Cannes 2003.


Par Marina Klimoff
 

Durée: 1h29

 

Alex, photographe, rencontre Aimée. C'est le coup de foudre. Ils vivront une journée et une nuit de passion, d'amour. Mais leurs sentiments de l'un pour l'autre sont mis à l'épreuve d'un monde qui leur est de plus en plus étranger. Dans un Copenhague labyrinthique, le couple met en jeu son existence jusqu'à se trouver en chute libre. Jusqu'où peut aller leur rêve ? Alex est-il prêt à abandonner son idéal ?Christoffer Boe, dont Recontruction est le premier long métrage, a déjà attiré l'attention des professionnels avec sa trilogie de courts métrages Obsession, Virginity et Anxiety l'année dernière. Il signe ici son premier long métrage, qui est déjà un chef d'œuvre. Et heureusement que Wim Wenders l'a vu avant les autres (en lui décernant la caméra d'Or 2003 à Cannes) ! Ce film est tout simplement magnifique.

Grâce, beauté, tristesse, doute, mystère, manipulation sont les mots clefs. Dans un univers à la David Lynch, Christoffer Boe s'amuse avec le spectateur qui essaie d'assembler tous les indices que nous donnent les personnages pour créer quelque chose de censé, sans jamais vraiment y arriver. C'est un vrai labyrinthe, on se perd, on se retrouve, on ne comprend plus rien, on re-comprend tout, etc.

Pas si facile à la première projection de ne pas se sentir complètement perdu. Les deux acteurs principaux (Maria Bonnevie, Nicolaj Lie Kaas) sont vraiment excellents. Il se sont laissés embarquer dans cette histoire d'amour et de cinéma. Mais on comprend tout grâce au mot de la fin. Tout n'est que manipulation. On vient de se faire avoir par un écrivain de l'histoire qui, en manque d'inspiration, s'est amusé à presque réécrire le scénario.

Fumée de cigarette en permanence pour appuyer le flou, le doute, caméra à l'épaule, filmé en gros grain, parfois noir et blanc, Reconstruction est déjà un mythe. Se plaçant dans le clan très fermé des réalisateurs qui arrivent à nous tromper sans qu'on s'en rende compte, Christoffer Boe se fait, à 30 ans, un nom dans la profession. Avec une caméra d'Or en poche, il faut maintenant que son film soit vu dans le monde entier. Belle leçon de cinéma.


Christoffer Boe, Maria Bonnevie, Nicolaj Lie Kaas