Sans nouvelles de Dieu

Film espagnol de Agustin Diaz Yanes

Avec Victoria Abril, Penelope Cruz, Fanny Ardant.





Par Christophe Litwin
 
Sortie le 18-06-2003

Durée: 1h40

 

Ma vie est un enfer…

 

Sans nouvelles de Dieu n’est pas un drame métaphysique, mais une comédie pâlotte dont l’attrait principal tient sans doute au casting.

Le ciel et l’enfer s’affrontent à travers la rivalité du bon ange (Victoria Abril) et d’un démon (Pénélope Cruz). L’un a pour charge de sauver l’âme d’un boxeur-loser, l’autre au contraire de le pousser du désespoir à la mort. Tous deux s’introduisent par un artifice différent dans la vie de cet individu peu glorieux, et rivalisent de charmes et stratagèmes pour gagner la pauvre âme. Finalement, à la suite de rebondissements peu crédibles, il revient au démon de sauver la pauvre âme. Avec cette alliance du bien et du mal, c’est une étrange histoire d’amour qui semble s’engager entre l’ange et le démon.

Affichant des prétentions d’audace et d’innovation, ce film s’avère pourtant des plus conservateurs dans son imagerie: la représentation idéale du Ciel, c’est le Paris des années 50, le cliché de la bourgeoisie oisive; quant à l’Enfer, ce n’est rien d’autre que la caricature de l’Amérique capitaliste actuelle (mondialisation, libéralisme, hamburger, misogynie) : le modèle de l’âme damnée, c’est le patron du F. M. I. ...

La maladie nostalgique n’est pourtant pas le défaut essentiel de ce film: quelques scènes ont beau être techniquement réussies, rien ne lie véritablement l’ensemble et on rie fort peu (beaucoup moins en tout cas que dans le vulgaire et similaire Ma vie est un enfer avec J. Balasko et D. Auteuil). Les surprises semblent arbitraires, et des gags éparpillés ne suffisent à faire une comédie. Sous la pseudo-extravagance du style, c’est surtout un manque de cohésion qui se manifeste.