Swimming Pool

Film français de François Ozon
Festival de Cannes 2003, Compétition officielle

Avec Charlotte Rampling, Ludivine Sagnier





Par Laure Becdelièvre
 
Sortie le 21-05-2003

Durée: 1h42

 

Charlotte à la piscine

François Ozon est de ces réalisateurs qu’on peut dire " productifs " : avec un film par an, il s’est désormais imposé dans le paysage du cinéma français. Mais peut-être au prix de quelques redites…

Swimming Pool est une nouvelle variation du huis clos ozonien, reprise du fantasme cinématographique de la piscine, autour d’un thème fétiche du réalisateur, le trouble dédoublement. Après Charlotte à la mer, Ozon nous livre les nouvelles aventures de Charlotte à la piscine : une Charlotte Rampling égale à elle-même, irréprochable, mystérieuse et fascinante, parfaite en écrivain très très british un peu coincée, et qui nous découvre finalement sa face cachée… Et pourtant. Tout cela sent un peu le réchauffé, même si évidemment le film n’est pas sans qualités.

Ozon sait poser les ambiances, tout comme travailler ses cadrages, c’est indéniable ; et à cet égard le film est une réussite : sobriété stylistique et minimalisme narratif sur fond bleu turquoise font ici bon ménage. Ozon soigne aussi ses chutes – un peu trop peut-être : si la fin nous propose une lecture rétrospective du film à partir de l’ultime scène, ce genre de coup de théâtre dont le réalisateur français, maître de l’ambiguïté, s’est fait une spécialité, sent un peu l’effet facile qui rétrospectivement pardonne tout. Et en même temps, cela fonctionne : en effet on pardonne, en effet on réévalue son agacement envers les mimiques de Ludivine Sagnier, on finit même par l’aimer, tout ça n’était qu’un fantasme d’écrivain en panne d’inspiration… Ouf, l’honneur est sauf !