Vers la révolution en 2 CV
Alla rivoluzione sulla due cavalli

Film italien de Maurizio Sciarra
Adaptation du roman de Marco Ferrari : " En 2CV vers la révolution " publié chez " Mille et une nuits ".

Avec Andoni Gracia, Adriano Giannini, Gwenaëlle Simon


Léopard d’or du meilleur film au 54ème festival de Locarno
Léopard de bronze pour le meilleur acteur (Andoni Gracia)
Mention spéciale du jury d’Arts et d’Essay.



Par Christophe Litwin
 
Sortie le 13-11-2002

Durée: 1h35

 

Cheesy Rider

A l’aube du 25 avril 1974, Victor (Andoni Gracia), un jeune portugais idéaliste réfugié à Paris pour des raisons politiques, apprend l’événement tant attendu : le renversement de la dictature dans son pays natal.

Avec son ami italien Victor (Adriano Giannini), ils décident immédiatement de partir en 2CV vers Lisbonne. Claire (Gwenaëlle Simon), l’ex-fiancée de Victor, laissant elle aussi pour quelques jours toute sa vie derrière elle, rejoint les deux amis sur les chemins de la liberté.

Le film revisite le genre du road-movie, mais à l’allure d’une deudeuche : ne pas s’attarder, mais prendre le temps de vivre, de respirer, de parler… C’est l’anti-Easy Rider : pas de violence, pas de motards, une bande-son 70’s à l’opposé d’un Born to be wild

Surtout, on sait où l’on va, on n’a pas à se presser et la route est celle de l’espoir. Plus exactement, la vie n’est pas cherchée au bout du chemin, elle est ce parcours tranquille lui-même, avec ses paysages généreux, ses petites aventures, son insouciance générale.

Film nostalgique d’une époque où tout semblait possible, Vers la révolution… est un hymne à la simplicité de la vie, de ses choix. Cette simplicité perdue doit se retrouver dans l’évidence naïve de certaines décisions. S’orienter avec urgence vers l’événement certes, mais tout en prenant le temps de vivre, de regarder, de parler pour enfin se retrouver. Faire l’expérience de la liesse populaire d’un pays en révolution, mais en voyageant dans l’intimité complice d’un trio en 2CV.

Reste que cette nostalgie prend rapidement un tour agaçant, complaisant, bien pensant. Certes cette simplicité et cette naïveté sont plaisantes, mais les moyens mis en oeuvre par le réalisateur pour produire cette sensation chez le spectateur sont trop souvent caricaturaux et attendus. On ne s’attardera cependant pas à une énumération de tous les clichés présents dans le film...

On se défait mal de l’impression que le réalisateur cherche, avant tout, à revivre le rythme heureux de sa jeunesse, mais sans jamais questionner les effets ou l’illusion de son aspiration bohème, de cet enthousiasme juvénile et abstrait. A aucun moment le film ne semble en rapport avec les réalités des années 70, il les fuit et se clôt au moment où on les retrouve... Les clichés le déréalisent. Ce n’est pas un défaut en soi, mais ça le devient quand on prétend décrire l’esprit, la réalité et la vie de cette époque.