Of Time and the City

Film anglais de Terence Davies

 
Sortie le 04-02-2009

Durée: 1h14

 

“A love song and a eulogy”

Liverpool à travers les mots et les yeux de Terence Davies, le réalisateur de La Bible de Neon (1995) et de Chez les heureux du monde (2000), cela donne un poème visuel où  « les images parlent », et où la bande-son soutient la musicalité grave de la voix, du Verbe…

Au début du film, les rideaux d’un écran de cinéma s’ouvrent sur le monde de Davies. On entre dans un univers urbain à la cohérence d’une construction très personnelle. La vision d’un lieu vécu ; c’est la ville du cinéaste, à tous les sens du terme, qui reprend les 28 premières années de sa vie à Liverpool, avant de la quitter en 1973. La vision d’un rêve, où les souffrances du passé achoppent. Images de quartiers pauvres, images de la prospérité d’après-guerre, qui fait disparaître les petites maisons mitoyennes, pour les remplacer par des blocs de béton. Passé et présent se croisent incessamment à l’image : le cinéaste désigne la disparition, mais aussi le perdurable… que permettent et le souvenir, et l’image d’archive, le cinéma. Il évoque l’Eglise catholique impitoyable qui lui rendit son homosexualité douloureuse, parce qu’indicible. Il priait, fervent enfant, puis s’est rebellé intérieurement contre la violence spirituelle de son pays, que doublaient une violence économique et une violence domestique… Davies dit la douleur d’être au monde dans un passé qui a toutefois nourri son cinéma, tout au long de sa carrière, entre 1976 et aujourd’hui. Il fouille ainsi les fondements de son oeuvre cinématographique et plus généralement de la création.