Si j'étais toi

Film français de Vincent Perez

Avec David Duchovny, Lili Taylor, Olivia Thirlby





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 10-10-2007

Durée: 1h33

 

Désincarnation

Le cinéma issu de la tendance Méliès a toujours été attiré par les histoires fantastiques et, durant la dernière guerre, les films faisant intervenir des fantômes (généralement sympathiques et accueillants) étaient nombreux. Peut-être fallait-il apprivoiser la mort pour la rendre fréquentable ? Les cinémas français, anglais et américains, ont abondamment eu recours aux fumerolles de l’au-delà durant ces années noires, les comédies de René Clair en étant la meilleure illustration dans le domaine de l’humour.

A vrai dire, Si j’étais toi n’entre pas dans cette catégorie de fantastique et ne fait appel ni aux fumerolles ni aux effets spéciaux. Luc Besson (producteur) avait été séduit par un film japonais, Himitsu, qui racontait comment l’âme d’une mère passait chez sa fille adolescente après un accident de la route mortel. Il en acquiert les droits et commande un remake à une scénariste américaine : Ann Cherkis. Vincent Perez a trouvé là l’occasion de réaliser son deuxième long-métrage, après Peau d’Ange qui flirtait déjà avec l’au-delà. Mais, paradoxalement, le surnaturel exige beaucoup de rigueur logique dans l’illogisme afin que le spectateur ne se perde pas dans des questions sans réponse et puisse apprécier l’insolite des situations. Ce n’est pas vraiment le cas avec Si j’étais toi où on s’interroge sans cesse sur le comportement de cette mère morte, réincarnée dans un corps de seize ans, avec les copains caricaturaux de sa fille mentalement disparue, ou sur l’état réel de sa nouvelle relation conjugale avec son mari dépassé lui aussi par les évènements (on le comprend facilement).

Cependant, ces zones d’ombre du scénario sont atténuées par le charme étrange de l’histoire et, surtout, par l’étonnante performance d’Olivia Thurlby, jeune actrice débutante, qui s’empare de ce double rôle difficile avec un talent qui mérite notre admiration.