World Trade Center

Film américain de Oliver Stone

Avec Nicolas Cage, Michael Peña, Maria Bello, Maggie Gyllenhaal





Par Esther Castagné
 
Sortie le 20-09-2006

Durée: 2h10

 

Une journée en enfer

Oliver Stone retrace la tragédie du 11 septembre 2001 dans ce sorte de docu-fiction. A travers l’épopée de cette équipe de police – courageuse et suicidaire – entrée dans la tour 1 pour secourir les victimes du premier attentat terroriste et à son tour victime du second impact, le réalisateur reconstruit le cauchemar des rescapés, coincés dans d’atroces souffrances au fond de ce champ de ruines, qui deviendrait sous peu le "Ground Zero".

Peut-être est-il un peu tôt pour se pencher sur cette page de l'Histoire, d'autant que rien n'est encore résolu et que l'idée de guerre contre l'Axe du mal et le terrorisme - traduisez contre le monde musulman - est encore forte dans les consciences américaines… De fait, ces hommes des forces de l'ordre deviennent des héros qui ne survivent que grâce à leurs merveilleuses familles, à leurs épouses bien-aimées et à leur foi triomphante.
S'il va de soi que l'attentat du 11 septembre 2001 a été un épouvantable crime, y revenir sans cesse et surtout présenter ces hommes, parfois fanatiques, comme de véritables sauveurs, alors même qu'on ne peut que constater leur tragique impuissance, me semble dangereux. Dangereux pour ce qui est du repli communautariste et de la peur de l'autre.
En outre le film d'Oliver Stone pâtit de son manque d'intrigue: les grands sentiments (courage, famille, patrie) ne font pas oublier que pendant deux heures durant nous aussi nous trouvons au fond de ces tours en compagnie de Nicolas Cage et Michael Peña à moitié écrasés par des blocs de béton et les cadavres de leurs coéquipiers.
Si la mise en place de l'intrigue est excellente car on y décèle la stupéfaction et l'effroi que provoquent l'occurrence de l'impossible et de l'impensable, la suite peine à nous captiver. Ces incessants flash-backs sentimentalistes sont lassants et indigestes même si l'on comprend bien qu'ils étaient pour le réalisateur la seule issue de secours, la seule échappatoire à un oppressant huis-clos catastrophe au coeur des ténèbres et d'une nouvelle guerre de religion.