Oublier Cheyenne

Film français de Valérie Minetto

Avec Mila Dekker, Aurélia Petit, Malik Zidi, Laurence Côte, Guilaine Londez





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 22-03-2006

Durée: 1h30

 

Cheyenne de vie !

La quarantaine venue, Valérie Minetto et sa scénariste Cécile Vargaftig nous proposent un film qui semble issu de l’époque où elles étaient élèves de la FEMIS et nostalgiques, je suppose, de la révolution baba cool qu’elles n’avaient pu connaître, vu leur jeune âge.


Les personnages de Oublier Cheyenne semblent sortir des films sur le Larzac des années 70, influencés par la déferlante hippie et le flower power ; tout cela sonne assez désuet aujourd’hui, le seul apport « moderne » étant l’inévitable homosexualité des héroïnes. Je ne peux croire qu’il n’y ait pas la moindre trace d’ironie chez la réalisatrice quand on voit sa façon d’enchaîner les clichés sur la précarité, le refus de la société, le retour (en vélo) à la campagne, l’éloge de la marginalité, la phobie de la bagnole polluante, l’accoutrement de Mila Dekker (Cheyenne) pédalant pour fuir Paris et ses fumées ou le déguisement de Laurence Côte (Edith) en SDF rurale. Il y a forcément de l’humour dans cette fable écologique, par exemple lorsque Aurélia Petit (Sonia) vient rechercher son amie en Franche-Comté et que celle-ci refuse violemment « de monter dans une voiture ! ». Cette ambiguïté du traitement est confirmée par l’évidente qualité de la réalisation dans certaines séquences comme le très beau plan d’ouverture qui montre des feux tricolores qui fonctionnent pour rien dans un Paris désert, la nuit, laissant deviner la silhouette d’un homme dormant à même le sol, dans le froid. On risque d’oublier Cheyenne mais pas la force d’une telle image.