Pompoko
Heisei tanuki gassen pompoko

Film japonais de Isao Takahata

Avec Makoto Nonomura, Yuriko Ishida


Première sortie en salle en 1994


Par Aurélie Rose
 
Sortie le 20-01-2018

Durée: 1h59

 

Crise de la conscience japonaise

Entre fable écologique et réflexion métaphysique, l’oeuvre de Isao Takahata (Le Tombeau des lucioles) met en scène des petites créatures, les Tanukis qui vivent dans les forêts aux alentours de Tokyo. L'annonce du plan d'aménagement de la ville de Tama entraîne la destruction des forêts. Les Tanukis entrent alors en guerre contre les humains, à coup de pièges et d'apparitions spectrales.

Pompoko est un film double. Les dessins, les dialogues et l'apparence même de ces petites peluches vivantes donnent une apparence naïve au film. Le ton de ce dessin animé est pourtant tragique. L'homme en détruisant son environnement, se tue. Pire encore, il tue ses divinités. Le Japon d'Isao Takahata a perdu sa foi. Les Tanukis essayent de sauver la nature, mais aussi les divinités oubliées, qui sont brillamment mises en scène lors d'un défilé spectrale de grande envergure. Mais pour les habitants ce n’est qu’un spectacle de plus proposé par un parc d’amusement. Le constat est négatif : les Tanukis n'ont plus leur place dans le Japon moderne. Les personnages, faussement simplifiés sont faces à des dilemmes tragiques : abandonner les plus faibles, se soumettre à la loi des humains et accepter de vivre sous la forme de leurs ennemis. Dans un dernier élan désespéré et lyrique les petites bestioles tentent de nous rappeler que l'homme et la nature peuvent vivre en symbiose. Doux rêve perdu.

Douze ans après sa création, le message du film reste intact. Tout une génération d'artistes nippons, comme Hayo Miyasaki et Takahata, continue de garder espoir en proposant des films qui rappellent aux jeunes spectateurs des valeurs traditionnelles, comme le travail, les valeurs morales, le respect de la nature, ainsi que le respect des dieux.

Pompoko (le bruit que font les Tanakis en frappant sur leur ventre) propose une réflexion écologique sous les traits d'un film fantaisiste et comique, teinté cependant d'amertume : le bilan est toujours aussi négatif. Avec sa ressortie en salle, les Tanukis nous offrent une seconde chance. Profitons-en.