Trois Enterrements
The 3 Burials of Melquiades Estrada

Film américain de Tommy Lee Jones
Scénario de Guillermo Arriaga

Avec Tommy Lee Jones, Barry Pepper, Julio César Cedillo, Dwight Yoakam


Meilleur Scénario, Meilleur Acteur (Cannes 2005)


Par Henri Lanoë
 
Sortie le 23-11-2005

Durée: 1h57

 

Southern mexicain

Premier film réalisé par l’acteur texan Tommy Lee Jones qui a choisi comme décor un paysage qu’il connaît bien : la zone frontière entre le Texas et le Mexique.

Cette belle histoire est due à Guillermo Arriaga, auteur du remarquable « Amores Perros » (Amours chiennes) et de sa resucée, le surestimé « 21 grammes », tous deux réalisés par Alejandro Gonzalez Inarritu. Le jury de Cannes a attribué à Trois Enterrements… la palme du Meilleur Scénario et celle du Meilleur Acteur à Tommy Lee Jones pour sa composition de Pete, vieux fermier fatigué qui décide de punir lui-même le garde frontière qui a assassiné son ami mexicain, Melquiades, puisque les autorités ont classé l’affaire. Il oblige Mike, le meurtrier, à déterrer le cadavre, à le charger sur un cheval et à le convoyer, au-delà de la frontière, jusqu’à son village natal. Le trio entreprend une longue odyssée funèbre, émaillée de rencontres et de dangers imprévus, dans de magnifiques paysages. Une des raisons de notre intérêt réside dans le sort que compte réserver Pete à Mike lorsque la mission sera accomplie.

Guillermo Arriaga, comme dans les films précédents, a fragmenté la chronologie du scénario en incrustant des flashes back entrecroisés qui structurent le récit et relient progressivement les personnages entre eux. Quand on voit avec quelle maîtrise le débutant Tommy Lee Jones met en images cette histoire, on se dit que les Américains doivent avoir un gène spécifique pour s’exprimer spontanément avec une caméra, qualité dont bien des réalisateurs européens et asiatiques encensés par la critique sont tristement dépourvus. Autre atout du film, le personnage du garde frontière assassin, crétin lubrique interprété par Barry Pepper, dont l’évolution vers la rédemption est l’épine dorsale de ce long voyage à travers les sauvages paysages du Texas. L’imprévisible conclusion de cette odyssée, digne des John Huston de la grande époque, achève de faire de ce coup d’essai une belle réussite.