Memento mori

Film coréen de Kim Tae-Yong

Avec Kim Min-sun, Park Yeh-jin

Sortie le 08-05-2002
 
   

Par Clémentine Gallot


Durée: 1h37

 
 
   

Le premier jour, une fille est morte, la tête vidée.
Elle s’était peut-être souvenue de la vérité.
Le deuxième jour, une fille est morte…

Sur cette comptine sanglante s’ouvre le film, dévoilant, dès les premiers instants, les pages d’un journal et les souvenirs épars d’un amour d’adolescence.

Deux jeunes filles : Hyo-shin et Shi-eun. Une troisième, Min-ah, qui découvre leur journal. Double journal intime, parfois cruel, souvent très lucide, recueil de cet amour homosexuel, mais aussi de leurs idées et de leurs passions. Une parole : " memento mori ", " souviens-toi de la mort ". Cette passion conduit Shi-eun au suicide, entraînant dans sa chute une véritable psychose dans la foule grouillante d’un lycée de jeunes filles. Cris et chuchotements : le spectre de Shi-eun vient hanter son ancienne amante, puis celle qui a découvert leur secret, et c’est enfin le lycée tout entier qui semble secoué de spasmes.

Memento Mori offre au spectateur une image effrayante de la Corée moribonde ; critique impitoyable, car insidieuse. Ce huis clos étrange, aux relents de déjà-vu, est une plongée infernale dans un univers étriqué. Une narration presque fétichiste qui mêle lecture du journal intime, souvenirs, et imaginaire, ainsi qu’un montage volontairement confus et chaotique, produisent une atmosphère oppressante. Une réalisation plutôt originale car stylisée, une attention particulière portée à l’image (jeu de surexpositions) souligne toute l’étrangeté des deux filles et la vision spectrale de la morte.

On appréciera la retenue des jeunes actrices, dont la folie est orchestrée avec brio par deux réalisateurs prometteurs (Kim Tae-Yong et Min Kyu-Dong) qui ne dévient jamais de leur sujet. Mais justement, une fois le motif déployé, très efficace, mais dans lequel le film semble s’enliser, le temps se fait un peu long. Ce premier film qui tient parfois du sitcom, méritait plus de légèreté.