Sans elle...

Film français de Anna Da Palma

Avec Bérénice Bejo, Aurélien Wiik, Helena Noguerra, Viter Norte, Maria Emilia Correia, Jocelyn Quivrin

Sortie le 11-05-2005
 
   

Par Henri Lanoë


Durée: 1h45

 
 
   

Narcissisme

Johnny aime trop Fanfan, sa soeur jumelle, et réciproquement. Depuis l’enfance, ils se livrent à des jeux érotiques qu’ils ne peuvent prolonger l’âge adulte venu. Johnny a gardé une virginité que sa soeur, moins coincée, a perdue. Il en éprouve une jalousie morbide. Des vacances au Portugal, dans le berceau de la famille, consomment la rupture. Johnny rentre seul en France et mène une vie de feignant, au grand désespoir de ses parents, travailleurs immigrés.

Il finit par fréquenter une bande de skinheads humanistes et distribue, par désoeuvrement, des tracts pour l’ « Europe nouvelle » tandis que Fanfan continue de tenir la buvette sur sa plage portugaise. Une rixe qui tourne mal oblige Johnny à fuir : il va se réfugier chez sa soeur et ils pourront enfin assouvir leur désir réciproque en se roulant sur le sable. (Je leur suggère d’aller passer leurs prochaines vacances dans la villa de Coquillages et Crustacés où ils seront bien accueillis).

Des comédiens attachants (Bérénice Bejo et Aurélien Wiik) tentent d’incarner ces personnages improbables, mais ils peinent à compenser les faiblesses du scénario et de la réalisation, faiblesses excusables s’agissant d’un premier film. Il apparaît évident qu’aligner 400 plans durant 1 h 45 ne suffit pas à faire de Sans elle un long-métrage. Il faudrait qu’Anna da Palma manifeste plus de rigueur dans la construction et plus de sévérité dans l’élimination de scènes inutiles pour donner, entre autres, à la fin de son histoire le dynamisme lyrique qui fait vraiment défaut à cette passion incestueuse.