Ray

Film américain de Taylor Hackford

Avec Jamie Foxx, Kerry Washington

Jamie Foxx, Prix d'interprétation Oscars 2005
 
   

Par Laurence Bonnecarrère


Durée: 2h30

 
 
   

Genius au petit pied

Si vous l'aimez, n'allez pas voir son panégyrique. De Ray Charles on préfèrera garder le souvenir d'une voix, d'une sensualité d'enfer et d'une stature aristocratique justifiant le fameux surnom.

Dans ce biopic sirupeux, notre génie n'est plus qu'un curieux pantin désarticulé à qui le réalisateur n'a pas su prêter le moindre soupçon d'humour ou de panache. Jamie Foxx, si subtil dans Collatéral, campe ici un genius pris en étau entre des maîtresses hystériques, une femme encombrante, la drogue, et des partenaires plus ou moins véreux. Interprétation tristounette et peu flatteuse. Quant à la mise en scène, elle étouffe les morceaux de bravoure sous une cascade d'épisodes convenus -injections d'héroïnes, scènes conjugales, plongée dans une enfance misérable ripolinée- qui alternent avec la régularité d'un métronome.

Restent les concerts et tous les moments, toujours trop brefs, où l'on voit Ray jouer et chanter ses plus beaux tubes. Magnifique. Assez pour regretter de ne pas être restés chez soi écouter un best-of. Le pompon du film, c'est la dernière séquence -onirique- au cours de laquelle Ray, grâce à la psychanalyse, tombe dans les bras de sa maman et son frère disparus ! En fin de course on apprend que Ray a cessé vers 40 ans d'être un « bad guy » pour devenir clean. Académique au delà du raisonnable, le film est également bien pensant.