Lucia y el sexo

Film espagnol de Rulio Medem

Avec Paz Vega, Tristan Ulloa, Elena Anaya, Najwa Nimri, Daniel Freire

Interdit aux moins de 12 ans
 
   

Par Laurent Tessier


Durée: 2h11

 
 
   

Après avoir perdu son amant, Lucia quitte Madrid pour aller se ressourcer sur une île perdue en Méditerranée. L’amant était écrivain. Secret, tourmenté, il construisait ses romans à partir de sa vie, mais aussi, sa vie à partir de ses romans. Dans les souvenirs de Lucia, présent et passé, réalité et fiction s’entremêlent pour finalement se retrouver…

On découvre donc à rebours l’histoire de Lucia et de cet homme charmant et mystérieux (qu’on aura tendance à envier tant il accumule conquêtes et aventures torrides).

Comme dans ses précédents films (notamment L’Ecureuil rouge en 1993 et Les Amants du cercle polaire en 1998), Medem nous livre à travers une romance à la fois crue et lyrique, un film complexe, dont la forme déstructurée est censée rendre l’état d’esprits qui ne le sont pas moins. Il étudie ainsi les multiples facettes cachées qu’une personnalité, et notamment celle d’un artiste, recèle. En particulier, il s’attache aux fantasmes, aux névroses et à toutes les formes que le désir et la sexualité peuvent prendre : de l’amour le plus " sain " entre deux amants amoureux, aux perversions les plus recherchées (l’identification d’une fille à sa mère actrice X, et leur désir partagé du même homme…). Les amateurs de nouvelle vague espagnole ne seront donc pas dépaysés.

On pourrait arguer que Medem s’est peut-être un peu " emporté ", dans cette construction aux rebondissements incessants, et aux ficelles plus ou moins pesantes. Cependant, les acteurs se révèlent tous particulièrement attachants. Paz Vega (Lucia) est tour à tour et tout à la fois brûlante et touchante. Comme dans les films d’Almodovar, Lucia y el Sexo est un hymne dédié aux femmes, une déclaration d’amour et de désir, certes parfois maladroite, mais qui touche au but à plus d’une reprise.