The Grudge - Ne pas oublier, ne jamais pardonner
The Grudge

Film américain de Takashi Shimizu

Avec Sarah Michelle Gellar, Jason Behr, KaDee Strickland, Clea DuVall, Bill Pullman...

Sortie le 29-12-2004
 
   

Par Raphaël Lefèvre


Durée: 1h31

 
 
   

La Maison maudite

Au pays du Soleil levant, les fantômes sont coriaces… Lorsque quelqu’un meurt dans un état de forte colère ou de grand chagrin, il revient, rongé par la rancune (the grudge), hanter le lieu qu’il habitait et poursuivre à l’envi quiconque y met les pieds. De quoi flanquer la frousse et rendre dingues les quelques Américains venus s’aventurer dans cette maison tokyoïte marquée à jamais par un fait divers survenu quelques années auparavant…

Remake nippo-américain d’un film japonais (Ju-On) dont le réalisateur a lui-même signé plusieurs suites/variations (avec ce film, c’est la cinquième fois que Takashi Shimizu brode autour de la même idée…), The Grudge tente de marier la froideur carrée des films d’épouvante japonais (The Ring…) à la fluidité narrative hollywoodienne. La greffe prend assez mal, le film s’encombrant entre autres de scènes psychologiques neuneu avec l’insipide Sarah Michelle Gellar et son doux boyfriend, l’idoine Jason Behr.

La construction alambiquée entend rendre sensible le fait de se retrouver sans repère dans un pays étranger (hehe, habile instrumentalisation de la présence des acteurs américains !) et participer de l’instauration d’une atmosphère d’inquiétante étrangeté. Ça ne prend pas vraiment, d’autant moins que la caution « peurs-viscérales-de-tout-un-chacun » (appréhender un univers nouveau et différent, donc, mais aussi quitter ce bas monde sans y avoir accompli tout ce qu’on aurait voulu…) est assez vite expédiée – verbalisée ou bâclée. Le réalisateur préfère se concentrer sur les effets d’épouvante. Maîtrisant des procédés tout ce qu’il y a de plus classiques (apparition soudaine d’un visage effrayant dans le champ accompagnée d’une soudaine montée tonitruante de la musique et d’un cut abrupt…), il parvient à secouer efficacement les nerfs du spectateur, mais guère plus.

De tout cela, on retient cela dit quelques plans saisissants, comme la vue plongeante sur un passage clouté soudainement envahi de part et d’autres par un troupeau de Japonais pressés…