Les fils de Marie

Film français de Carole Laure

Présenté au Festival de Cannes 2002
Semaine Internationale de la Critique
 
   

Par Marina Klimoff

 
 
   

" Mère ayant perdu fils, cherche fils ayant perdu mère… "

Voici l’argument du premier film de Carole Laure, projeté à la Semaine Internationale de la Critique, et concourant pour la Caméra d’Or.

Marie, une jeune femme qui a perdu son fils et son mari dans un accident de voiture, décide de passer une petite annonce pour trouver un fils (ou plusieurs si possible). Finalement, elle se retrouve avec quatre garnements à charge. Elle va tout faire pour les rendre heureux et par la même occasion, elle aussi. Malheureusement, les quatre garçons n’ont pas une vie facile et c’est elle qui va en subir les conséquences.

Un sujet sérieux exploité maladroitement.

Pour son premier film, Carole Laure a choisi le thème de la maternité. Elle est fascinée par ces gens qui trouvent des solutions à leur drame, par les moyens qu’ils utilisent pour s’en sortir et pour refaire leur vie. Ici, ces fils ont tous perdu leur mère, voire ne l’ont jamais connue. Ils doivent reconstruire leur vie.

Malgré une très belle photo (due à Pascal Arnold, co-réalisateur du film) et une mise en scène assez chorégraphiée, le scénario n’est pas du tout convaincant. On a du mal à croire que ces quatre garçons en situation d’échec social vont s’attacher dès le premier rendez-vous à cette femme en manque de fils, d’amour et de famille. En découvrant progressivement les personnages, on se rend compte qu’ils n’ont rien d’original, (ils représentent à eux quatre des stéréotypes : le battu, le délaissé, le shooté et le névrosé), et ils ont plutôt besoin d’un psy que d’une mère. D’ailleurs, c’est la mère qui va finir chez le psy. Comment cette femme pourrait-elle réussir à rendre heureux ses soi-disant fils ? A vrai dire, elle a plutôt l’air d’une bonne fée que d’une mère…

Face à ce mélange de genres - comique et mélo - on se sait pas trop comment prendre le film : l’humour est là, (il est vrai que certaines scènes sont vraiment drôles, voire absurdes) les larmes aussi (celles de Marie). De plus, le " happy end " attendu est remplacé par une fin bâclée. D’ailleurs, c’est à nous de la prendre à notre manière.

En ayant voulu " laisser parler les corps " et " aller à l’émotion ", Carole Laure n’approfondit pas ses personnages, pourtant interprétés par d’excellents acteurs (Jean-Marc Barr, Félix Lajeuness-Guy, Danny Gilmore et Daniel Desjardins), et signe ici un premier film incomplet, qui révèle toutefois une volonté de bien faire. Tout n’est pas perdu !