2046

Film hong-kongais de Wong Kar-wai

Avec Tony Leung, Gong Li, Zhang Ziyi, Chang Chen, Faye Wong, Maggioe Cheung

Sortie le 20-10-2004
 
   

Par Henri Lanoë

 
 
   

1023 ?

Je ne peux écrire un commentaire honnête sur 2046, projeté à Cannes à l’état de brouillon, avec un mixage bidon et des effets spéciaux en cours d’élaboration. Mais il paraît que le film exploité aujourd’hui serait définitif et que son montage serait enfin terminé. Bravo l’artiste ! Mais j’avoue n’avoir aucune envie d’aller vérifier le résultat, car je crains de retrouver l’impression que 2046 a été bricolé avec les chutes, les doubles et les plans inutilisés de In the mood for love et de m’y ennuyer autant.

Je suppose que le récit, volontairement opacifié (façon Resnais première manière), aboutit toujours à ce mélange balourd de S.F., de mémoire, de passé, de futur qui se prend abusivement au sérieux et veut donner au spectateur l’impression qu’il assiste à une déconstruction virtuose du Temps. Je crains que la musique originale sans inspiration, entrelardée d’airs d’opéra et de variétés des années 60 montées en boucles fastidieuses comme pour In the mood…, n’alourdisse toujours ce scénario qui n’en a guère besoin.

Quant aux sublimes actrices (là, extraordinaire unanimité de la Critique sur l’épithète), je ne comprendrais toujours pas pourquoi, de Singapour à Hong Kong, elles trouvent du charme à ce bellâtre moustachu, au sourire niais, qui s’est fait la tête d’un garçon coiffeur marseillais, tendance Fernandel. Je serais, évidemment, moins irrité par ce film s’il avait suivi les règles du jeu de la sélection et s’il n’avait pas été présenté comme la Palme d’Or inévitable (et autoproclamée) du Festival. Voilà les (mauvaises) raisons qui m’incitent à ne rien écrire aujourd’hui sur 2046.