Open Water - En eaux profondes
Open Water

Film américain de Chris Kentis

Avec Blanchard Ryan, Daniel Travis

Sortie le 11-08-2004
 
   

Par Erwin Zys-Launay


Durée: 1h20

 
 
   

Immersion dangereuse

Le deuxième long métrage de Chris Kentis est une belle leçon de minimalisme. Open Water s’attache à développer une idée simple et à en exploiter tous les ressorts, à rebours de beaucoup de productions actuelles qui se perdent dans la surenchère.

Accaparés par leur travail, Susan et Daniel décident de s’offrir des vacances au Bahamas dans l’espoir de ressouder leur couple. Sur place, ils embarquent avec d’autres vacanciers vers les eaux de la barrière de corail pour y faire de la plongée sous-marine.
Ils sont loin d’imaginer qu’une banale excursion en pleine mer va tourner au cauchemar. Le bateau qui devait les ramener les oublie et les laisse perdus au milieu de nulle part.
D’abord convaincus que leur absence ne saurait passer inaperçue très longtemps, ils réalisent rapidement que le temps joue contre eux. Le soleil, accélère leur déshydratation et, surtout, les eaux environnantes sont infestées de requins qui affluent déjà vers eux.

Open Water est un film à petit budget, et la qualité de l’image n’est pas aussi nette que celle des standards actuels. Pas d’images de synthèse ici, ni de coûteuses maquettes animées. La peur au ventre, les acteurs sont allés barboter directement avec les requins dont les mouvements étaient dirigés en lançant dans l’eau des morceaux de thon.
Si la technique peut sembler rudimentaire, ces contraintes sont largement compensées par la liberté du réalisateur. Avec son scénario qui se résume à une situation, Open Water est un pari. Chris Kentis rompt radicalement avec ce qui s’était fait jusqu’à présent en refusant d’opposer l’homme au requin dans une lutte héroïque et en évacuant tout rebondissement. Open Water est un film d’auteur, un exercice de style qui repose avant tout sur une atmosphère en gradation, de plus en plus étouffante, jusqu’aux minutes qui suivent la projection et pendant lesquelles on ressent encore cette tension diffuse que le réalisateur s’est ingénié à faire monter imperceptiblement et durablement.