Venus et Fleur

Film français de Emmanuel Mouret

Avec Veroushka Knoge, Isabelle Pirès, Julien Imbert

Sortie le 23-06-2004
Cannes2004 - Quinzaine des réalisateurs
 
   

Par Simon Legré


Durée: 1h20

 
 
   

Venus et Fleur à la plage

Fils spirituel d'Eric Rohmer, le jeune Mouret avait déjà dissipé la grisaille hivernale de l'an 2000 avec un rafraîchissant James Bond sur pédalo, Laissons Lucie Faire. Ses films, ce sont du soleil sur pellicule, l'antidote ultime contre le quotidien routinier qui nous liposuce la bonne humeur. Venus et Fleur ne change en rien la donne : nous sommes bien chez Mouret ; nous y retrouvons ce charme acidulé comme une brise légère, cette ode nostalgique à une jeunesse qui prend la fuite et surtout, cette ronde des sentiments naissants rythmée par un marivaudage estival.

Voici donc Fleur, blanche colombe au visage de madone, qui débarque à Marseille dans la sublime villa prêtée par un vieil oncle et Venus, un volcan russe sucré comme un ananas qui bave son envie de garçons avec la même avidité qu'un gosse pour un sucre d'orge. Comme un baroudeur va conquérir un continent inexploré, toutes deux partent à la pêche aux hommes. Car trouver l'amour ne relève pas de la distraction : il s'agit bien d'un défi, ce qui donne lieu au début à quelques hilarantes séquences. Ce qui séduit l'oreille, c'est aussi cette candeur appuyée avec laquelle nos deux donzelles qui cherchent chaussure à leur pied délivrent sans ambages de longues phrases littéraires sur leur idée du bonheur. A tous les niveaux, c'est un charme discret et enivrant qui emporte l'adhésion. Remarquons enfin que ce bol d'innocence au charme séminal est porté par deux révélations étonnantes de justesse : Veroushka Knoge dont le regard de panthère en maraude nous électrifie et surtout Isabelle Pires, petite s½ur apaisée de Caroline Ducey dont la sensibilité à fleur de peau se met au diapason avec cette ballade balnéaire au charme assurément badin.