Street dancers
You got served

Film américain de Christopher B. Stokes

Avec Omarion, Raz B., J. Boog, Lil Fizz, Marques Houston

 
   

Par Erwin Zys-Launay

 
 
   

Un film sans public

Prenez un petit film mettant en scène une équipe de cheerleaders, remplacez les filles en jupette par des « lascars en survet' » et vous obtenez Street Dancers, une comédie musicale très médiocre, pour parler poliment.

Des jeunes issus des quartiers difficiles s'affrontent en tournois de breakdance. Le pitch donne le ton, coté histoire, c'est du service minimum. L'intérêt du film réside avant tout dans les chorégraphies qui, il faut l'avouer, sont impressionnantes. A cela rien d'étonnant, les protagonistes sont tous danseurs professionnels. La contre partie est que malheureusement ceux-ci n'ont qu'une expérience très limitée du jeu d'acteur. C'est d'autant plus dommageable que les répliques sont loin d'être fameuses, et que, servies par des amateurs, elles sombrent vite dans le plus parfait ridicule.

Non content de faire l'impasse sur le scénario, le réalisateur fait le choix d'une asepsie totale.
Les quartiers difficiles n'en ont que le nom. Les dealers sont sympas et propres sur eux.
L'analyse sociale est anesthésiée par les bons sentiments jusqu'à la caricature.

Côté montage, le travail est exécuté à la tronçonneuse sans se soucier de naturel ou de vraisemblance, ce qui confère au film une esthétique très « clip MTV ». Un parti pris qui aurait eu sa raison d'être si celui-ci s'était contenté de durer cinq minutes.

Il est douteux que Street Dancers puisse attirer le grand public. Seuls les connaisseurs pourront souffrir le hip hop tonitruant qui ponctue les scènes du film. Il n'intéressera pas plus les adeptes de danse urbaine. Son enrobage sucré et aseptisé est en soi une injure aux valeurs du beakdance.