Ong Bak

Film thaïlandais de Prachya Pinkaew

Avec Tony Jaa, Petchai Wongkamlao

 
   

Par François-Xavier Rouyer


Durée: 1h30

 
 
   

Allez Bruce, au lee!

Le scénario est mince comme une baguette chinoise : la tête du bouddha « Ong Bak » est volée dans un petit village qui le vénère comme dieu protecteur; alors forcément c'est la panique d'autant plus que c'est bientôt la fête au village. Et sans bouddha, il n'y aura pas de cotillons. Mais Ting s'élève et annonce qu'il retrouvera la tête sacrée. Ting, c'est le jeune homme sage, serein et accessoirement pro du muay-thaï, un art martial qui ne fait pas dans la dentelle. Le sang va gicler sur la porcelaine brisée !

Ong Bak est, autant le dire tout de suite, très, très loin de tout ce qu'on a pu voir jusqu'alors. Tony Jaa ne vole pas, il n'est pas accroché à des câbles devant un fond bleu, il n'en a pas besoin. Tony Jaa tape. Prise préférée : saut du cabri et tête éclatée avec le plat du coude, et ça ne fait pas du bien ! Et on se retrouve la main devant le visage, à émettre des petits sifflements de douleur tant les coups sont violents et réalistes. On n'est plus du tout dans la pseudo poésie des films d'arts martiaux hollywoodo-asiatique qui s'échinent à vouloir dessiner des arabesques aériennes sur fond de musique chinoise et de coups de sabres magiques.

Mais Ong Bak n'est pas seulement un film de baston fou furieux : beaucoup d'éléments intéressants y ont été insérés. Durant une scène de combat clandestin notamment, le public est constitué de noirs, de blancs et d'asiatiques, et cela en plein bouge thaïlandais. Ce public très cosmopolite lance une pluie de pièces de monnaie sur le héros qui vient d'étaler son adversaire gisant à ses pieds... Comme si le réalisateur voulait montrer que c'est le monde entier qui cautionne la violence montrée dans ce film. Une certaine mise en abîme en quelque sorte du spectateur heureux ayant payé pour voir de la violence et étant largement servi.

Le montage est très étrange puisqu'il répète trois fois chaque scène de combat. Lassant ?
Non, jubilatoire puisqu'on peut apprécier trois fois plus la force et la maîtrise de Tony Jaa qui, espérons-le, ne tournera pas comme Jet li.

Allez voir ce film, sortez dans la rue, tapez sur les murs, poussez des cris en frappant l'air et dites haut et fort (car vous ne le direz certainement pas souvent )

« Oui, j'ai aimé une production EUROPA ! »