Peter Pan

Film australien de P.J Hogan

Avec Jeremy Stumper, Jason Isaacs, Olivia Williams, Ludivine Sagnier

 
   

Par Léa Hadida


Durée: 1h53

 
 
   

Peter Pan ou le spectateur qui ne voulait pas grandir

Tout commence par le tableau d'une Angleterre bourgeoise et puritaine. Un ciel rougeâtre recouvre la ville de Londres et nous plonge d'emblée dans l'univers du merveilleux.
Pourtant plus qu'un conte, il s'agit d'une cabale contre le monde des adultes. A l'annonce d'un minuscule baiser au coin de ses lèvres, Wendy réalise qu'elle va devenir une femme. Dans un futur proche, elle se voit couper de ses deux frères, et eux de ses histoires incroyables.
Mais Peter Pan met fin à cette angoisse qui devient de plus en plus présente, à sa condition de futur Lady qui se referme sur elle en même temps que l'écran. Les voilà donc tous partis dans le «neverland», là ou les enfants ne grandissent pas et où les fées , les sirènes, les indiens, et les pirates prennent vie. Wendy ne se sentira pourtant pas à sa place , et refusera l'attitude de Peter qui a banni les mots «amour», «sentiment» de son vocabulaire tout comme «grandir» et «adulte».

Un conte assez moderne finalement mais qui n'apporte rien de neuf. On pense à Hook, une suite assez réussie avec un capitaine crochet que Dustin Hoffmann rend crédible et cruelle à souhait.
On s'attend donc à une conception surfaite du conte qui traite d'un sujet très en vogue : le refus de grandir. Cette adaptation du livre de J.M. Barrie s'adresse donc autant aux têtes blondes qu'aux adultes atteints du jeunisme. Néanmoins on se prend au jeu ; les acteurs sont crédibles  et l'univers n'est pas saturé d'effets spéciaux, piège dans lequel il était facile de tomber.

En somme une adaptation assez fidèle au conte original parfaite pour tous ceux qui regrettent l'innocence  de l'enfance. La poésie reste cependant le grand absent mais ils ne faut pas trop en demander au réalisateur du Mariage de mon meilleur ami (1997)...