Les Disparues
The missing

Film américain de Ron Howard

Avec Cate Blanchett, Tommy Lee-Jones

Sortie le 17-03-2004
 
   

Par Clémentine Gallot


Durée: 2h17

 
 
   

Qualifié, à tort me semble t-il, de western métaphysique, le dernier pompon académique de Ron Howard (En direct sur Ed-Tv, Le Grinch, Un homme d'exception, La rançon, Apollo 13, j'en passe et des meilleures) est un western efféminé (d'autant que les hommes ont le poil long, ce qui nous arrange bien).

Si l'on a du mal à prendre au sérieux ce divertissement échevelé, c'est que l'on pense d'abord à Little Big Man et à La petite maison dans la prairie, à moins que ce ne soit à Légendes d'automne. Quoi qu'il en soit, l'intrusion dans notre conduit auditif d'un pipeau péruvien, signale, comme trop souvent, l'arrivée d'un cortège d'indiens, ou bien, comme c'est le cas ici, d'un blanc converti en peau rouge, à savoir Tommy Lee Jones, natté jusqu'aux oreilles, drapé d'une carpette en poils de yak et accessoirement père de notre héroïne, Calamity-Cate Blanchett. L'aspect Village People de la situation n'échappera pas au fan averti.

Dans le Nouveau Mexique, en 1886, de vilains Apaches font la traite des jeunes filles avec de troubles mexicains sans sombrero. Après l'enlèvement de sa fille aînée, Maggie (la sus-citée Cate Blanchett)  se lance à leur poursuite dans le Grand Ouest. Il s'agit donc de ce double enjeu qui nous est familier : le périple repose sur la capacité des protagonistes comme du cinéaste à tenir sur la longueur.

Le cinéma n'a de cesse de rejouer des épisodes de l´Histoire, remettant en jeu les forces du bien et du mal, ressuscitant cow boys et indiens - au gré de la conjecture actuelle - dans un affrontement provisoire (en attendant une mort certaine). S'il remet en scène ou propose un regard neuf, il ne change ni ne rachète rien de ce qui a été. Mais puisque le passé des Disparues est essentiellement filmique, on lui pardonne.

Mère courage résolue, Cate Blanchett s'en tire mieux que son chevaleresque acolyte et c'est à coups de carabine qu'elle se taille un rôle à sa mesure. Godard dans son Histoire du cinéma ne répète t-il pas inlassablement : «a girl and a gun, a girl and a gun» ?

Enfin, alors que Le dernier des Mohicans s'achevait avec un peu plus de panache, ici, point d'embarras : femme vengée, honneur retrouvé, propriété restaurée. Billet non remboursé.