Les Rivières pourpres II
Les Anges de l'Apocalypse

Film français de Olivier Dahan

Avec Jean Reno, Benoît Magimel, Johnny Hallyday, Nikita

Sortie le 18-02-2004
 
   

Par Fabrice Sérodes

 
 
   

Plus dynamique, moins mystique

Voici donc une nouvelle version, différente et sans grand rapport avec la première, du roman. Il y avait là une veine à exploiter. Mais il s'agissait d'éviter les incohérences du premier épisode. C'est fait. Le contrat d'hémoglobine est rempli.

Si l'épisode conserve l'esthétique du premier volet, l'atmosphère s'assombrit. Le pourpre vire au cramoisi. On s'éloigne du thriller psychologique, du serial killer à la Seven, avec ce qu'il comportait d'inquiétant, pour suivre un chemin de croix, plus miraculeux, flirtant avec le fantastique, comme dans  Maléfique, avec ses murs qui ouvrent sur des espaces intemporels, auquel des portes flambantes donnent accès. Les effets visuels sont donc à la hauteur. Ce n'est pas le cas de la bande-son, qui laisse à désirer : elle est  moins  enivrante que dans le premier épisode.

L'ambiance générale est plus décontractée. Le film gagne en humour, comme dans  la scène pittoresque avec Johnny ou celle, plus burlesque, de la rencontre avec le Christ. Le scénario christique, toutefois, est à la limite du grotesque, à l'image de la reconstitution kitsch de la Cène.

Olivier Dahan apporte aussi plus d'action, des techniques du sympathique Magimel, très bien dans son rôle, aux courses des moines à la Tigre et dragons. Mais le scénario pèche par trop de didactisme biblique, jusqu'à en devenir pesant.

«Besson a fait des recherches», nous dit-on. Saluons la prouesse! C'est la réussite du film, qui tient à l'atmosphère globale. L'histoire,  originale, se situe à la croisée des héritages lorrains : depuis les monastères reconstitués, la ligne Maginot et ses galeries, jusqu'aux friches industrielles de grands hangars. Le réalisateur a donc préféré un vrai scénario, qui porte cependant la marque omniprésente de Besson. Les blagues, les descentes de militaires, les dialogues qui sonnent creux, les mitraillages en rafale…

Les tensions perceptibles au sein du duo disparaissent désormais pour faire place à une équipe à l'américaine, un duo davantage qu'un maître et son disciple. Reda (Magimel) a fait des progrès, respecte son modèle sans le vénérer, gagne en sérieux… peut-être trop. Le rôle de Marie reste plus secondaire. On ne voit pas bien ce qu'elle apporte au renouvellement du traditionnel couple de flics.

Au total un spectacle, sans doute plus impressionnant, mais moins inquiétant,  que le premier.