RRRrrr

Film français de Alain Chabat

Avec Les Robins ds bois, Gerard Depardieu, Jean Rochefort

Sortie le 28-01-2004
 
   

Par François-Xavier Rouyer


Durée: 1h42

 
 
   

cinémAmusant

On ne dit pas assez que, ce qui compte pour apprécier un film, c'est avant tout notre état d'esprit en entrant dans la salle de projection. On appréciera de façon extrêmement différente un même film si on a envie de l'aimer ou bien le contraire. Ainsi le cinéma est un art que l'on pourrait qualifier d'immédiat et c'est en cela qu'il diffère, par exemple, de la littérature car lire un livre réclame du temps et cette lecture s'étale et échappe ainsi à une appréciation faussée par un certain état d'esprit à un moment donné. Non, non vous ne vous êtes pas trompés, c'est bien la critique de RRRrrr que vous êtes en train de lire, vous pouvez rester ! Il ne faut, en effet, pas attendre beaucoup de ce film. Il faut y aller en n'y croyant pas trop... vous serez certainement surpris de voir vos voisins rire et de vous rendre compte que vous riez plus fort qu'eux. Car ce film est drôle si, bien entendu, les pitreries des Robins des bois sont à votre goût, sinon passez votre chemin (et n'en profitez pas pour regarder ceux qui rient avec un air de dédain affecté !). Il ne faut pas non plus attendre de ce film une sorte de suite spirituelle d'Asterix et Obelix : Mission Cléopâtre (beaucoup plus grand public), vous seriez forcément déçus. On ne s'ennuie pas en tout cas (restez d'ailleurs jusqu'à la fin du générique, cela en vaut la peine) et le film parvient à ne jamais tourner à vide malgré une structure fragile liant des sketchs rassemblés dans un scénario pris comme simple prétexte. Les Robins s'amusent et essaient, sans prétention aucune, de nous amuser, nous. De nombreuses blagues du film acquerront certainement le statut de répliques cultes dans quelque temps, et ce film sera certainement vu comme un des grands films du «cinémAmusant», sorte de Nouvelle Vague de l'humour (composée, entre autres, de Chabat, de Kad et Olivier, d'Eric et Ramzy, de Farrugia, d'Edouard Baer, de Gad Elmaleh, de Benoit Poelvoorde, de Michael Youn, de Jamel et bien sûr des Robins) qui commencera à être étudiée, j'en suis sûr, dans quelques années comme une des plus prolifiques périodes du cinéma potache français (et qui sait, mondial ?).