Massacre à la tronçonneuse

Film allemand de Marcus Nispel

Avec Jessical Biel, Jonathan Tucker, Erica Leerhsen

Sortie le 21-01-2004
 
   

Par Clémentine Gallot


Durée: 1h38

 
 
   

Le Massacre à la tronçonneuse proprement mythique, celui de 1974, était une fiction tirée d'un fait divers. Vraiment. Non mais, vraiment. Vous n'aviez pas envie d'aller au Texas, de toute façon.
Trente ans plus tard on ne compte plus les pâles remakes qui ont suivi. Jusqu'à ce projet original et  philanthropique, lancé par Michel Bay, d'en tourner une version rajeunie. Michel Bay, (je cite) : " le producteur qui a rapporté le plus d'argent à Hollywood ". On lui doit entre autres les appétissants Bad Boys II, Armageddon ou encore Pearl Harbor. C'est-y pas excitant ? On ne s'étonnera pas alors qu'il ait choisi comme poulain un cinéaste aussi indépendant que  Marcus Nispel, obscur réalisateur de clips et de pubs. Plus original : il a  engagé  également Daniel Pearl, le directeur de la photo, pour une petite touche nostalgique : écoutez bien, on entend Sweet Home Alabama résonner dans les champs de soja.

Les saisonniers cette année ne sont  pas inintéressants. La jolie Jessica Biel, qui après avoir fait du prosélytisme dans la série intégriste Sept à la maison, est passée bien naturellement au rôle de chaude étudiante dans Les lois de l'attraction l'an dernier ; Jonathan Tucker, amoureux transi dans Virgin Suicides, ou Erica Leerhsen, remarquée  dans les deux derniers Woody Allen. Mais quand il s'agit de ramper dans la gadoue et de s'époumoner, c'est une autre paire de manches.

Massacre à la tronçonneuse ne raconte pas les frasques d'un jardinier zélé, mais le carnage perpétué par une machine à tuer (comme pour Halloween, "  mort ou pas mort ? " est l'enjeu de chaque nouvel épisode). La psychologie des personnages se trouve réduite au minimum  à ce stade de chaleur et de déconfiture texane ;  on y croise  une bande de jeunes beaux, vraisemblablement tirés d'une pub Levi's,  dont les corps moulés et huilés  attireraient jusqu'au moindre gnou de passage. Et devinez ce qui arrive à Miss T-shirt mouillé.
Notre serial-killer, le jovial et avenant Leatherface, anthropophage assumé,  manifeste son mécontentement en agitant à plusieurs reprises quelques uns de ses membres, dont l'un est le plus souvent prolongé de la-dite tronçonneuse (pratique, en cas de pépin mais qui finit par nous casser les oreilles). Les fans inconditionnels se repaîtront sans doute de ce musée des horreurs et des monstruosités - il est vrai que la collection de globes oculaires et de fringants étudiants pendouillant à des crochets a de quoi faire rêver (à noter sur votre calepin de cinéphile : la poursuite dans la chambre froide, qui vaut son pesant de M & M's).
Enfin, le médecin légiste est formel. Il y a bien massacre, à tous points de vue.