Love Actually

Film anglais de Richard Curtis

Avec Hugh Grant, Liam Neeson, Colin Firth, Laura Linney, Emma Thompson, Alan Rickman, Keira Knightley, Bill Nighy, Rowan Atkinson

Sortie le 03-12-2003
 
   

Par Clémentine Gallot


Durée: 1h50

 
 
   

L’amour a un prix

S’il est des artistes qui écrivent toujours la même ½uvre et qui, à force de travail, affinent et précisent leur problématique pour aboutir à une forme épurée (de Pasolini à Paul Auster), pour d’autres, le propos s’amincit et l’affadissement va croissant.

Richard Curtis participe à sa quatrième variante de comédie-britannique-romantique, après le triptyque 4 mariages et un enterrement, NottingHill, Bridget Jones, et, qu’on se le dise, on ne va pas avaler cet étouffe-chrétien plus longtemps ! Le film a le goût aigre d’une indigestion de calissons, et pour cause, c’est LE film de Noël, le Christmas pudding dégoulinant, avec grelots tintinnabulants et clochettes à foison. C’est en tout cas ce que veut nous faire croire l’affiche, entourée d’un gros n½ud : gare, c’est un cadeau empoisonné.

Arnaque. Car Love actually n’actualise rien du tout : il répète inlassablement le message délivré par les Beatles il y a de cela quarante ans (avec plus de panache, à l’époque) : All you need is love, ou encore, Love is all around. Pas toujours drôle, le film déploie son joyeux lot d’archétypes : président, ministre, PDG, secrétaire, rock star, pré-ado, africain, veuf, femme de ménage portugaise.

Love actually est d’autant plus terne que les moyens mis en ½uvre pour sa réussite sont colossaux (il n’y a qu’à voir la belle brochette d’acteurs). La prestation décevante de la vedette (Hugh Grant, empâté) nous précipite sur les lots de consolation : le désopilant Bill Nighy, le sournois Billy Bob Thornton caracolant à la tête de la Maison Blanche, et Rowan Atkinson notre Mr Bean favori.

Si Love actually est un vrai désastre, il n’est pas certain qu’il sonne le glas du réalisateur, Richard Curtis, qui serait prêt à récidiver une cinquième fois, le coquin.