Variété française

Film français de Frédéric Videau

Cette obscure clarté…

Avec Frédéric Videau, Hélène Fillières, Gérard Meylan

Sortie le 19-11-2003
 
   

Par Henri Lanoë

 
 
   

Cette obscure clarté…

Je n’avais vu aucun des courts-métrages qui ont précédé ce premier long-métrage. Plutôt intéressé par la découverte de nouveaux talents que par les chemins balisés des cinéastes reconnus, j’ai attendu avec curiosité le début de la projection. Franchement, j’ai rarement été aussi largué par un récit au cinéma.

La belle Hélène Fillières aussi, dont on se demande ce qu’elle fait là et quel charme elle peut bien trouver au ludion mutique et erratique dont elle semble éprise et qui la laisse en plan à la fin de chaque scène. Sans parler de Gérard Meylan, nostalgique de la chaîne guédiguiane, qui aimerait savoir s’il est l’assassin ou s’il pourra tranquillement regagner Marseille à la fin du tournage. Les acteurs récitent le dialogue, plantés comme des poireaux dans des plans fixes où le goût de l’image n’apparaît guère. Mr Jacno, également responsable de la musique ( ?), gagne aisément la palme dans ce challenge du parler faux. Curieusement, l’influence de Hanecke se fait sentir dans les scènes de nuit où on ne voit strictement rien sur l’écran tandis que l’énigme policière est, peut-être, la seule à être éclaircie : est-ce le dernier avatar du film noir ?

Frédéric Videau voit dans son ½uvre un rêve éveillé dans un espace mental qui illustre l’amour courtois… Diable ! On ne peut qu’admirer la capacité de persuasion de ce nouveau réalisateur qui a réussi à obtenir le financement de ce scénario obscur et à en être, de plus, l’acteur principal.