Mister V

Film français de Emilie Deleuze

Avec Mathieu Demy, Patrick Catalifo, Aure Atika

Sortie le 12-11-2003
 
   

Par Clara Schulmann


Durée: 1h30

 
 
   

Mister… vain !

Il suffit de regarder avec attention Mathieu Demy, le personnage principal, pour comprendre à quel point ce film manque d’envergure. Car le seul effort entrepris par l’acteur consiste à entrer dans le film, à y trouver sa place. Avec rage, énervement, parfois même désespoir, il tente de saisir son destin à pleines mains, de lutter contre un scénario qui l’efface, qui le diminue, qui en fait un simple relais, une machine à prononcer quelques (rares) phrases.

Les autres ont visiblement renoncé à toute forme de combat. N’évoquons même pas Aure Atika, qui semble échouée, par erreur peut-être, dans cette ferme où elle incarne la compagne d’un homme qui accueille des chevaux et les dresse. Jean Pierre Richard, qui excelle ordinairement dans les rôles inquiétants et troubles, ressort essentiel de scénarios entiers, semble ici totalement perdu dans une intrigue que personne n’a pris la peine de lui expliquer, et demeure un morne arrière plan du film.

Et pourtant, les thèmes abordés, ou plutôt frôlés, auraient pu éveiller en nous quelques sursauts de bienveillance. Deux frères, très différents. Une ferme isolée. Une femme un peu perdue, avec un enfant. Et une vague histoire d’héritage symbolique, de virilité à retrouver, de preuves à faire pour exister aux yeux des autres, et de soi-même bien sûr. Un schéma auquel le moindre western nous a éduqués, avec des images et des dialogues qui restent irrémédiablement inscrits dans nos esprits. Le film d’Emilie Deleuze se perd dans une intrigue qu’il n’arrive même pas à illustrer. Beaucoup d’idées avortées, des tentatives qui manquent d’audace réelle, et au bout du chemin, un ennui assuré.