Zéro un
Au suivant, Offside, The Freak, The same, Pourkoi… Pas

Film international de Jeanne Biras
Jeanne Biras, Leanna Creel, Aristomenis Tsirbas, Mark Palansky, Tristan Aurouet et Gilles Lellouche, Jean-Jacques Dumonceau, César Vayssié, Niko Meulemans, Christophe Campos, Stéphane Levallois

Avec Isabelle Nanty, Josh Harnett, Léa Drucker, Bruno Solo, Zoé Félix, Zinédine Soualem

Sortie le 18-06-2003
Proposé par Luc Besson
 
   

Par Laure Becdelièvre


Durée: 1h25

 
 
   

Enfin la renaissance du court-métrage ?

Zéro Un est un film qui réunit 10 courts-métrages venus du monde entier, réalisés par de jeunes cinéastes en quête de reconnaissance. Il est né d’une astucieuse idée de Luc Besson, qui avait à cœur de revaloriser le court-métrage, genre par trop ignoré du grand public aujourd’hui faute d’une diffusion appropriée. En créant un long métrage, Besson espère ainsi toucher un large public, et inaugurer un principe qui se veut prometteur.

L’idée de départ était donc excellente ; mais la qualité de la sélection, très mitigée, s’avère un peu décevante : sur 800 courts-métrages visionnés, pour une sélection de 10 films sur le critère du " coup de cœur " et de la " force de l’émotion " suscitée, on aurait pu espérer un pur bijou et un magnifique moment de cinéma… Or l’ensemble est au mieux léger…

Zéro Un constitue un ensemble délibérément hétéroclite mais, en se réclamant de la diversité de genres, il n’a par là même pas échappé à la différence de niveau ; et aucun court-métrage n’est vraiment somptueux.

Le premier film, Au suivant, réalisé par la Française Jeanne Biras, ouvre pourtant assez bien le bal : partant d’une très bonne idée (une directrice de casting de pub, exaspérée par l’incessant défilé des candidats, finit par péter les plombs sous le coup d’une déception sentimentale), servi par une Isabelle Nanty drolatique, le film semble prometteur, ne serait-ce que par son début dynamique. Malheureusement, il ne va pas au bout de sa logique, et le drame sentimental prend trop le pas sur la satire du rite du casting, au détriment de son humour initial. Dommage.

Le second film, Offside, réalisé par l’Américaine Leanna Creel, fait partie des meilleurs : basé sur une histoire vraie (un match de foot qu’auraient disputé, entre les tranchées, les soldats ennemis durant la Première Guerre mondiale, à l’occasion de Noël), et d’une grande qualité visuelle, ce film lyrique est haut en symboles et en émotions – un peu trop, peut-être, même s’il ne tombe pas dans l’excès " gnangnan " qu’aurait pu susciter le sujet.

Le troisième,The freak, réalisé par l’Américain Aristomenis Tsirbas, est un court-métrage d’animation fort sympathique et plein d’humour, sur le bouleversement d’un univers conformiste et aseptisé par la venue d’un être pas comme les autres, libre et fantaisiste. Mais décidément je ne suis pas fan de l’animation…

Vient ensuite The same, de l’américain Mark Palansky, sorte de fable intemporelle sur un nain qui voulait être grand pour être aimé de sa grande et belle voisine. Malgré son esthétique étrange qui rappelle celle de Delicatessen, ce film muet qui met en scène un personnage absolument pathétique n’arrive pourtant pas à accrocher le spectateur.

Puis on revient à une comédie française, Pourkoi…Passkeu, de Gilles Lellouche et Tristan Arouet : comme le premier court métrage, ce film part d’une très bonne idée (un homme et une femme en proie à de multiples questions – surréalistes et bien senties – sur la vie se rencontrent), source de situations savoureusement cocasses de notre quotidien à tous. Mais il s’essouffle progressivement au détriment de son dynamisme et de son humour. Dommage encore une fois.