Les cinq martyrs du lycée Buffon

Film français de Alexandre Dolgorouky
Co-auteur: Jacqueline Bénazéraf
Collaboration: Jean-Michel Gaillard

Diffusé à la télévision, sur la 5e, dimanche 23 Mars 2003 à 16 h, dans l'émission "Repères de l'histoire".
Le film sera précédé d'une introduction de J.M. Gaillard et suivi d'un débat.
 
   

 
 
   

" Les rêves des hommes font événement "

Les cinq martyrs du lycée Buffon

8 février 1943. Les élèves du lycée Buffon, Jean-Marie Arthus (18 ans), Jacques Baudry, (21 ans), Pierre Benoît (18 ans), Pierre Grelot (20 ans) et Lucien Legros (21 ans) sont fusillés par l’occupant nazi. Plus connus sous le nom des " cinq martyrs du lycée Buffon ", ils avaient été arrêtés quelques mois auparavant sur ordre du Gouvernement français.

Qui étaient ces jeunes garçons? On sait qu’ils devinrent des figures emblématiques de la Jeunesse française résistant à l’occupation. Quel fut leur itinéraire? Comment et pourquoi furent-ils arrêtés?

Le film de Alexandre Dolborouky, qui est présenté dimanche sur la Cinq tente de répondre à ces questions. Il retrace l’itinéraire des cinq lycéens et, en se fondant sur les archives de la police, des témoignages de leurs proches, des interviews d’historiens et une série d’écrits de l’époque (notamment les lettres des cinq jeunes gens), propose une reconstitution des événements.

Voici l’une de ces lettres, ainsi que le poème que Paul Eluard écrivit en hommage à Lucien:

Maman chérie, Papa et Jacques chéris,

Tout est fini maintenant. Je vais être fusillé ce matin à 11 h. Pauvres parents chéris, sachez que ma dernière pensée sera pour vous; je vais mourir en français.

Pendant ces longs mois, j’ai beaucoup pensé à vous et j’aurais voulu, plus tard, vous donner tout le bonheur que votre affection pour moi méritait en retour. J’ai rêvé tant de choses pour vous rendre heureux après la tourmente. Mais hélas, mes rêves resteront ce qu’ils sont.

Je vous embrasse beaucoup, beaucoup. La joie de vous revoir m’est à jamais interdite. Vous aurez de mes nouvelles plus tard.

Je vous embrasse, embrasse encore et toujours, mes parents chéris. Gardez toujours dans votre cœur mon souvenir.

Adieu Maman, Papa, Jacques chéri.

Adieu

Pierre (Grelot)

 

A Lucien Legros

La nuit qui précéda sa mort

fut la plus courte de sa vie

l’idée qu’il existait encore

lui brûlait le sang aux poignets

le poids de son corps l’écoeurait

sa force le faisait gémir

c’est tout au long de cette horreur

qu’il a commencé à sourire

il n’avait pas UN camarade

mais des millions et des millions

pour le venger il le savait

et le jour se leva sur lui

Paul Eluard