Wolfsburg

Film allemand de Christian Petzold

Avec Benno Fürmann, Nina Hoss

Festival de film de Berlin 2003
Prix du meilleur film - Panorama 2003
 
   

Par Clémentine Gallot


Durée: 1h30

 
 
   

Christian Petzold (Grand Prix du festival de Valenciennes, Meilleur film allemand, Prix de la critique internationale à Cannes en 2001, pour son premier long métrage, Contrôle d’identité) fait figure de fierté nationale dans un paysage cinématographique peu vivace, vu de l’étranger en tout cas.

Réminiscence peut-être de ses six années passées à la télévision, le scénario de son dernier film, Wolfsburg, pourtant primé à Berlin, est un peu feuilletonesque: Philip, jeune cadre dynamique, se sépare de sa petite amie par téléphone portable interposé, en voiture. Il percute un enfant et prend la fuite. Rongé par la culpabilité, il retrouve Laura, la mère endeuillée, et tente d’instaurer avec elle une certaine complicité, tout en lui dissimulant la vérité.

Wolfsburg est le nom de la ville-alibi où se situe le film: c’est sur cette route que se déploie le mythe de la frontière, de la fuite, de l’exil.

Il est entendu que toute technique renvoie à une métaphysique. Alors, la réalisation, austère, rigide, sans humour, repose sur une euphonie: un malaise palpable et l’équilibre éphémère du mensonge.

Trouver sa place dans l’espace vide: le héros moderne semble fait de papier glacé. Blasé ou pudique? Délicieusement égoïste.

On peut décrypter dans Die innere sicherheit et dans Wolfsburg une fascination pour une Allemagne moribonde, peuplée d’incidents de la route et d’accidents de la vie, à moins que ce ne soit l’inverse.