Petites coupures

Film français de Pascal Bonitzer

Avec Daniel Auteuil, Kristin Scott Thomas, Ludivine Sagnier, Pascale Bussières, Catherine Mouchet, Emmanuelle Devos, Jean Yanne, Hanns Zischler.

Sortie le 12-02-2003
 
   

Par Aurélie Ledoux


Durée: 1h35

 
 
   

Bruno (Daniel Auteuil) est un journaliste communiste à la vie amoureuse quelque peu tourmentée: pris entre une femme qu’il trompe (Emmanuelle Devos) et une maîtresse qu’il n’aime pas (Ludivine Sagnier), il quitte Paris pour se rendre chez son oncle, maire communiste en détresse dans la région de Grenoble.

Petites Coupures est un de ces films dont on pourrait dire qu’ils ressemblent à l’Odyssée: comme chez Homère, le parcours du personnage semble constitué d’une série d’épreuves et nous mène à la rencontre de figures étranges et inquiétantes. Mais il y a une différence de taille: le héros n’en est pas un, du moins au sens classique du terme. Contrairement à Ulysse, Bruno ne sait pas où il veut aller: il ignore ce qu’il cherche et même ce qu’il désire. Car en amour comme dans sa vie professionnelle, il ne décide rien mais semble seulement se plier à la volonté des autres, faute justement de savoir ce qu’il veut. Petites Coupures est un film sur l’errance et sur l’égarement: le spectateur suit le personnage de Daniel Auteuil et, comme lui, doit renoncer à savoir par avance où il va.

On retrouve ainsi dans ce film les thèmes privilégiés et le style de Pascal Bonitzer: son goût pour les dialogues ciselés et les répliques qui font mouche, son intérêt pour l’hésitation et le vagabondage amoureux. Comme dans Va savoir (dont il avait été le co-scénariste avec Rivette), les objets, dont une bague encore, jouent un rôle décisif en reliant entre eux les différents personnages, en faisant et défaisant les couples.

Petites Coupures raconte une quête dont on ignore l’objet. On ne le découvre qu’une fois qu’on l’a manqué. C’est sans doute ce qui confère à l’errance amoureuse des personnages quelque chose d’un peu pathétique et ce qui donne au film une coloration plus noire qu’il n’y paraît au premier abord. Bonitzer fait dire ainsi au personnage de Kristin Scott Thomas: " nous ne sommes pas dans un drame mais dans un vaudeville ". Il a raison, mais à condition de ne pas oublier que le vaudeville a aussi ses côtés sombres…