Mafia Blues 2 - La rechute

Film américain de Harold Ramis

Avec Robert de Niro, Billy Cristal

Sortie le 22-01-2003
 
   

Par Henri Lanoë


Durée: 1h35

 
 
   

Traduttore, traditore

Tout d’abord, un petit prologue qui n’a pas grand chose à voir avec les qualités ou les défauts du film:

Je reste confondu devant la bêtise de certains titres, en vague franglais, qui remplacent les titres originaux des films américains. Comment peut-on proposer " Mafia-Blues-n°2 -La-Rechute! " (ils ont oublié d’ajouter Le Retour pour faire bon poids) qui ne paraît pas spécialement accrocheur et séduisant? Certes, l’anglomanie fait depuis longtemps des ravages dans ce pays où les décideurs pensent que Star Academy est mieux que l’Académie des Vedettes, Award plus prestigieux que Prix et Johnny Halliday supérieur à Jean-Philippe Smet. OK.

Cela dit, pourquoi ne pas avoir gardé simplement " Analyze That " qui était la suite logique de " Analyze This " (le premier " Mafia Blues ") et qui avait, au moins, le mérite de la légèreté? D’autant que c’est la seule chose légère que l’on pouvait sauver de cette entreprise dont les acteurs rendent un hommage d’anthologie aux Chargeurs Réunis.

Sur un scénario béton (je veux dire: très lourd), les comédiens se livrent à un interminable concours de grimaces dont il est difficile de désigner le vainqueur et qui feront passer désormais Chevallier et Laspalès pour des personnages bressonniens. Le film étant une parodie de parodie de parodie de parodie de Scorsese, on perd rapidement tous les repères et on regarde, effaré, cette pantalonnade melbrooksienne en étant attristé de voir Robert de Niro s’y égarer. Par contre, les auteurs du film, eux, sont si contents qu’ils nous gratifient d’un générique final constitué des habituelles fins de prise avec fou rire, genre video-gags de TF1, qui achève de démythifier les acteurs. Malgré tout cela, je ne doute pas que le film puisse rencontrer un grand succès public car la mécanique comique des situations est efficace comme dans un film de Francis Veber, avec, en prime, un déluge de salacité absent du premier film qui était, et de loin, très supérieur et bien plus subtil dans la description des rapports Haine/Amour qui reliaient le mafioso et son psychiatre.

Espérons que cette " Rechute " soit définitive car je n’ose imaginer les dégâts qu’apporterait une guérison au troisième film de cette série.