Punch Drunk Love

Film américain de Paul Thomas Anderson

Avec Adam Sandler, Emily Watson, Philip Seymour Hoffman

Sortie le 22-01-2003
Prix de la mise en scène: Cannes 2002
 
   

Par Christophe Chauvin


Durée: 1h35

 
 
   

Une comédie insolite et déjantée

Acclamé l’année dernière à Cannes, le quatrième film de Paul Thomas Anderson, après le délirant et ambitieux Magnolia (Ours d’Or à Berlin en 1999), est à nouveau une petite merveille, même s’il est à cent lieues de la complexité de ses précédents films.

Fini les plans-séquences où des dizaines de personnages se succèdent dans le champ, fini les scénarios alambiqués au propos souvent ésotérique: le réalisateur opte ici pour la sobriété. La mise en scène est très belle et très posée et les cadres toujours soigneusement étudiés (néanmoins, le Prix de la mise en scène à Cannes est très contestable, quand on voit par exemple le travail de Cronenberg ou Sokourov qui, à mon humble avis, le méritaient plus. Enfin bon, David Lynch et son jury en ont décidé ainsi, je m’en remets à eux!).

Le réalisateur raconte une histoire simple et légère: celle de Barry Egan, un jeune homme qui, tiraillé entre son boulot et ses sept sœurs qui le tyrannisent, n’a jamais eu l’occasion de faire sa vie ou de tomber amoureux. Mais l’arrivée d’une mystérieuse anglaise et d’un harmonium vont littéralement changer tout cela…

En conteur virtuose, P.-T. Anderson s’approprie un genre extrêmement référencé (la comédie romantique) pour mieux en démonter les mécanismes et l’adapter à sa " sauce ". Ainsi, il recrée le genre à sa manière en s’attachant aux petites sensations qui ne sont rien et pourtant font tout. L’image, le scénario et les personnages sont épurés au maximum pour faire place à une sorte de vérité simple, inspirée par les liens mystérieux qui s’établissent entre deux êtres. L’utilisation d’un style visuel en Technicolor renforce cette idée de comédie romantique insolite et poétique. La musique géniale de Jon Brion (déjà Boogie Nights et Magnolia) rythme le film et établit le va-et-vient entre tension et scènes intimistes.

Malgré le caractère quelque peu artificiel des personnages et certaines astuces de mise en scène parfois un peu gratuites, Paul-Thomas Anderson nous livre donc un film déjanté, original et très plaisant, loin des Coup de foudre à Notting Hill ou autre Pour un garçon…!