24 heures de la vie d'une femme

Film français de Laurent Bouhnik

Avec Agnès Jaoui, Michel Serrault, Bérénice Béjo, Nikolaj Coster-Waldau

Sortie le 08-01-2003
Adaptation du roman de Stefan Zweig
 
   

 
 
   

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme : dans ce court roman, Stefan Zweig, comme dans Lettre d’une inconnue, laisse la parole à une femme, suivant ainsi la ligne ténue d’un bouleversement intime. 1910, dans un casino de la Riviera, Mme C… se heurte à un jeune homme en perdition, habité par la fureur du jeu (qui rappelle celle du Joueur de Dostoïevski). Première surprise : dans le dossier de presse, pas un mot sur une adaptation déjà réalisée en 1968 par Delouche (avec Danielle Darrieux)…

Ensuite, malgré une certaine bienveillance du spectateur, le film ne fonctionne pas, exaspère même, et ceci pour plusieurs raisons. D’une part, une énorme erreur de casting. Agnès Jaoui manque cruellement de charme : selon certaines sources, la commande du rôle viendrait de la comédienne elle-même, se jugeant lésée dans sa féminité. D’autre part, Bérénice Bejo, qui — je cite — " déroute par sa beauté et sa vitalité " (déroutés, manifestez-vous) se dandine à moitié nue devant Michel Serrault, abonné désormais aux rôles de vieillard gâteux ou de papi avec enfants (Le Papillon). Le jeune Nikolaj Coster-Waldau (pourquoi pas Benoît Magimel ?) passe quant à lui totalement inaperçu.

Le film accumule également de nombreuses aberrations : décors irlandais alors qu’on est sur la Riviera, Jaoui-jeune, devient Jaoui-vieille, tartinée de fond de teint, avec une mèche de cheveux blancs. Le tout orchestré par d’incessants violons, d’inspiration viennoise, sans doute.

Laurent Bouhnik (Select hotel, Zonzon), non seulement remanie le roman, mais se permet d’ajouter d’inutiles complications narratives (récits emboîtés, personnages rapportés…), afin de " faire ressentir la portée universelle et l’actualité " du livre. Il instaure un insoutenable va et vient entre présent (plage bétonnée) et souvenir. La déception est vive, pourtant le réalisateur était fort bien entouré, du talentueux scénariste de Téchiné, Gilles Taurand, au chef op Gilles Henry (Van Gogh de Pialat).