René

Film français de Alain Cavalier

Avec Joël Lefrançois, Thomas Duboc, Nathalie Grandcamp

Sortie le 13-11-2002
 
   

Par Laurence Bonnecarrère


Durée: 1h25

 
 
   

Renésens

René : c’est l’histoire d’un homme gros (150 kilos) qui veut maigrir.

Il le fait, " pour éviter l’éclatement, pour séduire à nouveau, pour renaître (Re-né) ".

C’est tout.

Vies, le précédent film du même réalisateur, explorait la part secrète de trois vies vouées à l’oubli . La caméra d'Alain Cavalier nous entraînait dans la dernière demeure d’Orson Welles - ce cinéaste de génie a terminé sa vie abandonné de tous. Un film étrange, insolite, poignant malgré son aridité.

Alain Cavalier ne cherche pas à séduire  : dans son dernier film, René, il n’y a ni gags douteux, ni pleurnicheries. Pas la moindre coquetterie de mise en scène, aucune fantaisie apparente. Les décors sont misérables, les personnages ne sont pas spécialement " truculents "… Le réalisateur se refuse toutes les facilités. On peut difficilement imaginer traitement plus prosaïque d’un sujet plus rébarbatif !


Et pourtant…

Les films de Alain Cavalier possèdent une qualité expressive assez rare. On se souvient de son poème heideggerien  : Thérèse.

René - une fiction – est plus rigoureux qu’un documentaire (d’une certaine manière l’envers de Etre et avoir , ou de Bowling for Columbine ). Dans les films d’Alain Cavalier, la réalité n’est ni magnifiée, ni rabotée pour les besoins de la cause (faire rire, charmer, démontrer)  : la mise en scène est si juste qu’elle n’atténue en rien la sécheresse du réel. D’où sa force.

A la fin du film, René est un homme ragaillardi . On a participé à ses efforts, on a maigri avec lui. Un tel bonheur – le sien, mais aussi celui du spectateur- n’est pas frelaté.

Alain Cavalier est vraiment un réalisateur hors norme !