René

Film français de Alain Cavalier

Avec Joël Lefrançois, Thomas Duboc, Nathalie Grandcamp

Sortie le 13-11-2002
 
   

Par Henri Lanoë


Durée: 1h25

 
 
   

Cavalier seul

Je suis très perplexe devant ce film, car j’ai suivi l’atypique parcours d’Alain Cavalier depuis ses débuts et j’ai une grande estime pour les choix qu’il a faits, s’écartant volontairement du circuit des productions commerciales traditionnelles dès les années 70.

Quelques rares films jalonnent sa carrière à partir de cette date, tous intéressants parce que tous personnels. Il est un des rares cinéastes donnant l’impression que son rapport au film est de la même nature intime que celui du peintre devant sa toile ou du romancier devant sa feuille blanche. C’est pour cela que la caméra DV paraît être un outil artistique idéal dans ses mains, et non pas un simple gadget destiné à faire des économies sur l’équipe et les frais de labo.

" La Rencontre " (1996), véritable journal intime où il nous livre son bonheur d’avoir retrouvé l’amour d’une femme, est une confession bouleversante et me semble marquer l’apogée du " système " Cavalier.

Mais depuis, " Vies " et aujourd’hui " René " me troublent car la démarche m’échappe. L’image est laide, brute de décoffrage, entièrement gérée par les automatismes du caméscope, l’écriture cinématographique est absente, le montage (volontairement ?) inexistant ou maladroit, les personnages feignent d'ignorer la présence de cette caméra qui les capte à bout portant…

Est-ce un documentaire ? Un reportage ? Une fiction ? Un home-movie ? Finalement, pourquoi investir tant d’argent dans l’établissement d’une copie 35mm ? Pourquoi désirer malgré tout une projection de qualité dans une salle, devant un public ? Pourquoi ne pas se satisfaire de l’écran du téléviseur, idéal aboutissement du discret caméscope ?

Je ne trouve pas de réponse à ces questions. Allez voir " René " et, si vous les trouvez, donnez-moi les clés pour que je ne reste pas trop derrière la porte.