Pour un garçon
About a boy

Film anglais de Paul et Chris Weitz
Adptation du roman de Nick Hornby

Avec Hugh grant, Toni Colette, Rachel Weiz, Nicholas Hoult

Sortie le 13-11-2002
 
   

Par Clémentine Gallot


Durée: 1h45

 
 
   

Chris et Paul Weitz, réalisateurs du fameux American Pie, ne sont pas réputés pour leur finesse : l’adaptation du roman de Nick Hornby, Pour un garçon, laissait donc présager le pire.

Will, bientôt quarante ans, célibataire endurci, vit -à la dernière mode- des royalties d’une chanson écrite par son père (Le supertraineau du Père Noël). Il est très cool, très beau, mais c’est un sale type, complètement creux.

Marcus, douze ans, persécuté par ses camarades de classe, vit avec une mère de style New Age, tous deux habillés comme des réfugiés péruviens. Will fait la connaissance de Marcus alors qu’il a décidé de draguer des mères célibataires au PCSE (Parents Célibataires Seuls Ensemble).

Cette historiette, summum du consensuel, est le récit d’une rencontre improbable entre un adulte et un enfant, dont chacun va se nourrir pour évoluer.

Une caméra fluide et un montage très " mode " alternent scènes se déroulant chez l’un puis chez l’autre, suscitant ainsi des parallélismes assez drôles entre leurs vies respectives. Cette joyeuse petite aventure, glissant sur le tragique comme sur une vieille chaussette, est portée par la pop mélodique et positive de Badly drawn boy, composée expressément pour le film.

Alors que le roman s’organisait suivant les réflexions alternées du garçon et de l’adulte, la voix off sert ici presque exclusivement la profondeur -peu- spirituelle du bellâtre de service, dont les plaisanteries tombent à plat. Or, Hugh Grant, loin d’incarner la distinction britannique, est employé ici en sempiternel apollon; on finit par se demander s’il changera un jour de registre (fausse modestie, inconsistance, et j’en passe).

Nick Hornby (dont Stephen Frears a adapté High Fidelity) se situe dans la lignée de ces romanciers " de société " british, qui, malgré une certaine justesse dans l’analyse, n’ont pas la profondeur d’un Kureishi, par exemple.

About a boy n’est malheureusement pas sans rappeler Le journal de Bridget Jones : en effet la production Working title perpétue à tout va la " comédie de célibataire ", depuis les succès Quatre mariages et un enterrement, et Coup de foudre à Notting Hill. Comme les précédents, il s’agit d’un gentil film (avec tout ce que ce terme a d’agaçant), mais qui véhicule quelques idées détestables. Il est regrettable de constater que ces comédies vont toujours dans le même sens : morale bien pensante qui se gargarise d’idées reçues sur les clivages hommes/femmes, marginalisation de la différence, encouragements à la normalité et à la recherche du bonheur… surfant sur une idéologie positiviste très actuelle, du niveau des magazines féminins.