Rango

Film américain de Gore Verbinski

Avec La voix de Johnny Depp

Sortie le 23-03-2011
 
   

Par Henri Lanoë


Durée: 1h55

 
 
   

Vrai faux ou faux vrai ?

      Chaque année, les films d’animation générés par ordinateur nous étonnent par le progrès incessant de cette technique. Depuis Toy Story de John Lasseter (1995) qui marquait le début de cette ère nouvelle, les films se sont succédé, enrichissant à chaque étape la maîtrise de l’animation graphique. Avec ce surprenant Rango, un nouvel univers est désormais atteint. Jusqu’alors, la facture des personnages - dessinés ou en pâte à modeler – conduisait les artistes à s’écarter du réalisme pour nous offrir ces personnages imaginaires et décalés qui sont devenus des stars universelles : Mickey ressemble aussi peu à une souris que Donald à un canard, et même avec l’arrivée de Schrek, l’informatique conservait le monde décoratif des livres pour enfants. « Enfin, Verbinski vint…»

     Abandonnant les pirates des Caraïbes – mais gardant la voix de Johnny Depp (mentionné un peu abusivement sur les affiches comme acteur).- Gore Verbinski nous propose les aventures de ce Rango, étonnant caméléon propulsé dans un western qui semble tourné dans les traditionnels décors réels (saloon, prison, grande rue bordée de maisons de bois, désert avec vents de sable, etc.) dans lesquels évoluent les personnages classiques (cow-boys, shériff, maire véreux, etc.) qui sont évidemment interprétés par des caricatures d’animaux mais traités par une image de synthèse aussi hyperréaliste que les décors environnants : la texture des tissus, des poils et de la peau, la qualité du jeu des « acteurs », les effets de contre-jour, les décors plongés dans la pénombre alternant avec l’éblouissante lumière des paysages désertiques, tout semble être la captation d'un réel recomposé. Ce superbe résultat paraît tellement normal qu’il laisse finalement le public inconscient des efforts que demande une telle perfection car il tente, surtout, de décrypter l’histoire qu’on lui raconte sans trop se poser de questions sur le savoir-faire des animateurs. En effet, ce trop long scénario écoloïde n’est vraiment pas l’atout maître de ce film qui serait plutôt un hommage amusé au Chinatown de Polanski et aux westerns parodiques de Sergio camé-Leone.

     Dans la distribution des louanges méritées, n’oublions pas l’armée des techniciens de I.L.M. (Industrial Light & Magic) responsable de la perfection de Rango. Cette société d’effets spéciaux, fondée par George Lucas en 1975 lors de la réalisation de Star Wars, a poursuivi son activité jusqu’à nos jours en participant à plus de 200 productions, y compris les 3 Pirates des Caraïbes, évidemment.