Black Swan

Film américain de Darren Aronofsky
M.Heyman, J. McLaughlin, A.Heinz

Avec Natalie Portman, Vincent Cassel, Mila Kunis, Barbara Hershey, Winona Ryder, Benjamin Millepieds

Sortie le 09-02-2011
(Oscars en attente)
 
   

Par Henri Lanoë


Durée: 1h50

 
 
   

Black Duck

      Ce film risquant de remporter prochainement une palanquée d’Oscars, je voudrais justifier mon vote négatif dans le cas improbable où j’aurais été électeur de cette prestigieuse Académie.

     Le cinéma hollywoodien a initié des comédies musicales - devenues des classiques - dans lesquelles d’exceptionnels danseurs nous ont éblouis par leur talent : Gene Kelly, Cyd Charisse, Leslie Caron, Donald O’Connor, Eleanor Powell, Ginger Rogers, Fred Astaire et tant d’autres sont immortalisés aujourd’hui par ces films dont les scenarii, souvent faiblards, n’étaient que le prétexte à de somptueuses chorégraphies. Et quand de surcroît le scenario tenait la route - Singing in the Rain par exemple - on touchait à la perfection. Comparés à ces spectacles, les ballets du répertoire classique peuvent sembler moins inventifs et plus codifiés, mais ces artistes doivent acquérir, eux aussi, une maîtrise technique qui nécessite, dès l’enfance, de longues années d’apprentissage. On peut donc être surpris du choix de la charmante Natalie Portman – qui enchaîne film sur film - pour interpréter la danseuse étoile du New York City Ballet dans un Lac des Cygnes qui limite sa chorégraphie à d’incessants battements d’ailes. Vincent Cassel, en directeur artistique faunesque de la troupe, n’est guère plus crédible. Dans Les Chaussons Rouges (1948), Powell et Pressburger avaient plus simplement confié le rôle de la danseuse étoile à Moira Shaerer… qui était danseuse étoile.

     Si le chapitre « Ballet » est décevant, peut-on au moins se rabattre sur le scenario ? Hélas, cette histoire de fille à maman morbide qui se bat contre son double dans un enchaînement de fantasmes sanglants, d’ongles incarnés douloureux et de mystérieuses hémorragies, finit par lasser notre intérêt. Il y a peut-être une réponse à la question que soulèvent ces taches de tomato ketchup récurrentes qui viennent souiller régulièrement le tutu immaculé de la ballerine : un des scénaristes s'appelle Heinz !