Orpailleur

Film français de Marc Barrat

Avec Julien Courbey, Tony Mpoudja, Sara Martins, Jimmy Jean-Louis, Philippe Nahon, Thierry Godard

Sortie le 16-06-2010
 
   

Par Henri Lanoë


Durée: 1h30

 
 
   

Pour quelques pépites...

Premier long-métrage d’un jeune cinéaste franco-guyanais, Orpailleur se déroule dans cette superbe région que notre cinéma n’a guère exploitée, alors que nous connaissons aujourd’hui les décors de presque toute la planète, du Colorado à la Sibérie. De plus, Marc Barrat s’attaque à un problème qu’il connaît bien : l’orpaillage clandestin, autrement dit la recherche des pépites d’or drainées par les rivières et les fleuves. Nous sommes donc alléchés par la découverte de cet univers inédit.

Malheureusement, le scénario ne nous explique pas pourquoi seuls des aventuriers - tendance forbans - s’intéressent à ce ramassage et pourquoi, apparemment, l’industrie minière ou l’Etat semblent délaisser cette précieuse récolte. Comme il s’agit d’une activité interdite, on imagine alors que nous allons découvrir la vie de quelques orpailleurs perdus dans la forêt équatoriale, les pieds dans l’eau, agitant discrètement leurs tamis pour séparer l’or du gravier. Erreur : le chantier - qui évoque une immense carrière - est occupé par quelques dizaines de chercheurs d’or qui attaquent les flancs de la rivière à la lance d’incendie et amènent les alluvions sur un plan incliné en bas duquel s’effectue la recherche intensive des pépites. On doit voir et entendre cette activité « clandestine » à des kilomètres à la ronde, et pourtant l’Administration ferme les yeux. Mais là n’est pas le sujet de Marc Barrat : il a penché vers le film d’aventures écolo, catégorie western, avec les bons et les méchants. Comme le casting a favorisé les mines patibulaires, on a parfois un peu de mal à faire la différence car les « bons » ont aussi des faiblesses et se laissent aller au vol, ce qui est mal vu dans toutes les sociétés un peu organisées. La punition des « méchants » est alors exemplaire mais « …fallait pas qu’il y aille, fallait pas y aller ». Bref, la vie est dure pour l’orpailleur… La réalisation est dynamique, prenant appui sur la beauté des lieux que Marc Barrat utilise avec efficacité, nous amenant une conclusion qui est un hommage discret au Trésor de la Sierra Madrede John Huston. Hélas, une envahissante musique synthé, enchaînant essentiellement d’interminables tenues d’accords, coupe les ailes au lyrisme des images. On rêve du même film avec une bande sonore où on entendrait la rumeur du fleuve, des insectes, quelques oiseaux et, surtout, le silence. La prochaine fois, peut-être ?